Tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

 « Trois saisons d’orage », Cécile Coulon

Lors de la Libération, une carrière a offert du travail aux hommes de la région et de la ville de Lyon. André, jeune médecin, s’y installera. Son fils Benedict à son tour y deviendra médecin. Avec Agnès, qui l’a suivie de la ville, il fondera une famille, dans l’ancienne ferme surnommée « La Cabane », aux côtés de son père vieillissant. Mais rapidement, la famille se retrouve liée à une autre, différente d’eux, des paysans : Maxime, Delphine et leurs quatre enfants. Les paysans face aux médecins, la ville contre la campagne, le père plus fort que le fils… Cécile Coulon nous tient en haleine jusqu’aux dernières pages. De par sa plume, l’auteur crée une atmosphère, un lieu de vie, totalement immergé dans ce village, ses cafés, ses fermes et sa carrière. Un beau portrait de deux familles liées par un terrible secret, en plein cœur du Massif central.

« Trois saisons d’orage », Cécile Coulon, Edition Points, 288 pages, 7,50 euros

« Tout est halluciné », Hyam Yared

Atteinte d’amnésie de sa naissance jusqu’à l’âge de cinq ans, Justine s’ouvre au monde à travers les croyances religieuses de son père, grand nostalgique de l’Empire romain d’Orient. Alors qu’elle a grandi en Egypte, elle décide, une fois adulte, de rejoindre le Liban pour tenter d’en savoir plus sur ses origines, en particulier sur sa mère, une inconnue. Elle y rencontre Dalal, une jeune fille en quête de liberté dans un Liban déstabilisé géopolitiquement.

En se fondant sur l’histoire de Justine, Hyam Yared évoque les racines, aussi bien grecques, chrétiennes qu’islamiques de ces peuples qui ont dû tant bien que mal apprendre à vivre ensemble malgré l’Histoire. Le récit nous montre que l’Histoire de ces territoires ne sera jamais réellement figée et invite le lecteur à la réflexion. Alors que le désir d’émancipation, de liberté pousse l’émergence des révolutions arabes, les femmes ne cessent de chercher leur place dans cette société moyen-orientale.

Un beau roman qui ne cesse de nous interroger sur les origines du Moyen-Orient tout en évoquant les nombreux espoirs nés des printemps arabes.

« Tout est halluciné », Hyam Yared, Edition Livre de Poche, 480 pages, 7,90 euros

 « Tropique de la violence », Nathacha Appanah

C’est l’histoire d’une adoption. Une jeune femme, blanche, âgée de trente-trois ans, infirmière à l’hôpital, se voit confier un nouveau-né. Un rêve pour cette femme qui rêvait d’enfanter. La jeune mère, de presque 16 ans, abandonne à Marie son fils, qu’elle prénommera Moïse. En instance de divorce, la jeune femme négociera son divorce contre un certificat de reconnaissance de paternité. Mais à 13 ans, Moïse apprends la vérité et finira par se rebeller. Drogues, violence, quartier défavorisé, Gaza est un bidonville, un ghetto, une favela sans espoir mais surtout un immense camp de clandestins.

Dans le quartier le plus pauvre de Mayotte, dans l’océan Indien, on lit et relit le conte d’Henri Bosco. L’enfant et la rivière croise le chemin de cinq destins et révèle leur quotidien. Tandis que l’auteur s’efface, les personnages racontent cette histoire, l’histoire vécue de l’intérieur, celle de leur quotidien. A travers leurs voix, elle nous fait découvrir la réalité des enfants des rues de ce département français.

A travers le sixième roman de Nathacha Appanah, on découvre la violence de l’intérieur, la réalité quotidienne de Mayotte mais aussi les faiblesses de notre système. L’auteur partage avec nous ses souvenirs d’enfance sur l’île Maurice tout en dévoilant ce monde terrible, mais tellement proche de la France. Avec son style brutal, incisif, elle nous décrit la misère et ces destins oubliés. Un bel hommage à cette île qu’on croirait parfois presque supprimée de notre société.

« Tropique de la violence », Natacha Appanah, Edition Folio, 192 pages, 6,60 euros

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