Tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

 « Les garçons de l’été », Rebecca Lighieri

Les garçons de l’été propose une plongée percutante au sein du quotidien d’une famille de trois enfants somme toute normale. Jérôme, le père, est pharmacien et Mylène, la mère, est femme au foyer. Tous les deux, sont les heureux parents de Thadée et Zachée, la vingtaine, doués et passionnés de surf et d’Ysa, la benjamine, au caractère plus réservé et indépendant. Voyageant du Pays Basque à la Réunion en passant par Hossegor et le Portugal, le lecteur voyage de plages en plages au rythme des sessions de surf des deux ados. Mais très vite, un incident va venir troubler l’équilibre de la petite famille. Thadée est attaqué à la Réunion par un requin lors d’une session de surf, et se fait amputer une jambe. C’est le drame.

Tantôt récit sportif, roman d’amour ou thriller, au fil des pages, il est presque impossible de lâcher ce roman. Sublimement maîtrisé, l’écriture poétique mais surtout pointilleuse de l’auteur nous entraine dans un tourbillon de révélations, offrant petit à petit la vérité sur chaque personnage. Rebecca Lighieri signe un roman haletant, tout aussi sportif que violent !

 « Les garçons de l’été », Rebecca Lighieri, Edition Folio, 416 pages, 8,30 euros

« Un dernier tour de valse », Inès de Kertanguy

Sophianne, naît en 1823, sous le règne de Louis XVIII. Dix ans plus tard, elle se rend en Espagne avec sa mère, rendre visite à sa grand-mère mourante.  Elle y fera la rencontre de deux jeunes sœurs, Francesca et Eugenia de Montijo. A son retour à Paris, elle reçoit une éducation classique, de bonne famille, avec une scolarité dans un couvent et des parents bien distants. L’année de ses seize ans, lors d’un bal, elle fera la rencontre d’Octave de Lencelle, de quatorze ans son ainé et veuf. Mais ce dernier ne convient pas aux parents. A ce moment même, les sœurs Montijo fuient l’Espagne où la guerre civile frappe, et s’installent à Paris avec leur mère. Toutes les trois feront ensuite la rencontre de Mathilde, fille de Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon 1er.

Un dernier tour de valse nous transporte dans les salons et entre deux réceptions, nous fait rencontrer les plus grands de la littérature française. Dumas, Hugos, les frères Goncourt, Flaubert, Stendhal et Lamartine rythment ce beau récit historique. Entre révoltes, transition politique et l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte, plongeon dans une France qui vacille entre traditions anciennes et modernité. Couvrant presque tout le XIXe siècle, Inès de Kertanguy nous entraîne dans une valse où intrigues, passion et politique donnent le la. Un beau roman historique aussi réjouissant qu’instructif !

« Un dernier tour de valse », Inès de Kertanguy, Edition Livre de Poche, 456 pages, 7,90 euros

« La terre que nous foulons », Jesus Carrasco

Eva Holman s’occupe de son mari Iosif, ancien militaire, dans leur propriété de d’Espagne où ils se sont installés après l’invasion du pays par l’Empire. Leur vie s’écoule sans grandes péripéties jusqu’au jour où un homme s’introduit dans leur propriété. Sans trop savoir pourquoi, au lieu de dénoncer l’homme aux autorités, Eva décide de s’en occuper, de le nourrir malgré son silence et son obstination au rester couché dans leur potager. Elle réussit à apprendre qu’il s’appelle Leva, qu’il est Espagnol et à obtenir qu’il lui raconte des fragments de son histoire, depuis son arrestation et son enrôlement dans un camp de travail de prisonniers.

Entre bribes de récit et imagination, Eva reconstruit un parcours qui pourrait être celui de n’importe quelle victime d’invasion, mais surtout elle prend conscience de son statut d’envahisseur et qu’elle a spolié des gens de leurs terres. L’importance de la terre pour Leva revêt une signification spéciale pour elle, qui est tout à coup assaillie d’un sentiment de culpabilité qui ne la quittera plus et changera sa vie. La terre que nous foulons, prix de Littérature de l’Union européenne en 2016, est un bel hommage à tous ceux qu’on a arraché à leur terre, et qui ne rêvent que d’y revenir.

« La terre que nous foulons », Jesus Carrasco, Editions 10/18, 240 pages, 7,5€

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