Pour la première fois une exposition a été organisée pour mettre en lumière les reproches qui peuvent être faits aux victimes de viol sur leur apparence et leurs habits : une mise au point nécessaire.

« Tu étais habillée comment ? ». Voilà la question posée bien trop souvent aux victimes d’agressions sexuelles ou de viol. Une interrogation qui étonne de par sa maladresse, comme si la victime, homme ou femme, était coupable d’une soi-disante provocation envers son agresseur.

Pour répondre au préjudice moral et à la culpabilité de la victime confrontée à cette question, l’Université du Kansas aux États-Unis en partenariat avec des centres de prévention contre le viol, a mis en place une exposition visant à déconstruire ce mythe.

À travers 18 affaires d’abus sexuels recensées dans la région, ce projet artistique montre comment, même des tenues tout à fait banales, ont pu amener une personne à se faire agresser sexuellement. Les vêtements que portaient les victimes sont ainsi exposés sur les murs. Ils sont accompagnés d’un court témoignage sur le déroulé de leur histoire. Créée en 2013, cette exposition a depuis été installée dans de nombreuses universités dont celles  de l’Iowa ou du Kansas plus récemment.

 

« What were you wearing ? »

« Un pantalon droit et une chemise habillée. Je devais faire un exposé ce jour-là en cours de communication. Ils ont pris mes vêtements à l’hôpital pendant l’examen médical que j’ai subi après le viol. Je ne sais pas trop ce qu’ils en ont fait ». © Jennifer Sprague
« Mon t-shirt jaune préféré, mais je ne me souviens plus quel pantalon. Je me souviens que je me sentais tellement perdue, que tout ce que je voulais, c’était sortir de la chambre de mon frère et continuer à regarder mes dessins-animés ». © Jennifer Sprague
« Un maillot de bain. On avait fait du canoë toute la journée sur la rivière. C’était vraiment super. Ils sont ensuite venus dans ma tente alors que j’étais en train de me changer ». © Jennifer Sprague
« Je ne suis pas allée au travail pendant deux jours après l’agression. Lorsque j’ai raconté à ma chef ce qui m’était arrivé, elle m’a posé cette question. Je lui ai rétorqué: un t-shirt et un jean, ce qu’on porte quand on va voir un match de basket, connasse! J’ai démissionné sur le champ ». © Jennifer Sprague

 

Compte Twitter de © Marlène Schiappa – Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes
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Culture & Société