Pendant que les Etats-Unis se retirent de l’accord de Paris sur le climat et que des icebergs de la taille d’un département se font la malle au Pôle Nord, il y a encore de quoi espérer : de nombreux acteurs prennent peu à peu conscience de la nécessité d’orienter autrement leurs politiques, et sont à la recherche de nouveaux business modèles éco-responsables. Le choix de l’économie circulaire en fait partie. 

La ville de Paris vient ainsi d’adopter le 3 juillet un « Plan Economie Circulaire » fixant le cap pour une ville durable et propre à l’horizon 2020. Mais qu’est-ce qui se cache réellement derrière ce concept, et comment le mettre en œuvre ? On vous dit tout !

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Si le terme d’économie circulaire est un concept récent, énoncé pour la première fois en 1989 et entré au Petit Larousse en 2015 seulement, Lavoisier en indiquait déjà la feuille de route en 1789 : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Le principe est simple et est souvent résumé par les 4R réduire, réparer, recycler, refabriquer : concevoir des produits de manière éco-responsable, en réduisant la consommation d’énergie et de ressources lors de leur fabrication, et en en assurant une utilisation pérenne et recyclable.

Il ne s’agit donc pas uniquement, comme on l’entend souvent, de réduire l’économie circulaire à la stricte gestion des déchets et du recyclage. Si celle-ci fait partie inhérente de l’économie circulaire, elle n’en constitue qu’un pan : la conception du produit, pensé et designé dans une démarche éco-responsable, est une partie tout aussi importante de l’économie circulaire, nécessitant de repenser toute la chaîne de production.

L’avantage, c’est que le concept d’économie circulaire peut s’appliquer à des secteurs très divers comme l’agroalimentaire, le design et la mode, et qu’il représente aujourd’hui en France pas loin de 600 000 postes, vivier prometteur pour le marché de l’emploi.

Maintenant que vous êtes incollables sur la notion d’économie circulaire, place aux exemples : on a sélectionné pour vous des entreprises créatives, funs et ludiques, qui font vivre au quotidien le concept d’économie circulaire et lui assurent de beaux jours devant lui (et devant nous aussi).

Petit tour d’horizon de ces start-ups créatives et ludiques qui misent sur l’économie circulaire

Trois étudiants londoniens ont créé en 2014 un prototype de bouteille d’eau sous forme de capsule comestible : finies les 89 milliards de bouteilles plastiques vendues chaque année dans le monde, place à une membrane gélatineuse contenant de l’eau, que vous pourrez directement croquer ou déposer au compost une fois l’eau bue. Une invention dont on saisit bien le potentiel et l’utilité lors de grands évènements extérieurs comme les festivals ou les marathons !

  • Les vêtements biodégradables de la marque suédoise Houdini

A l’opposé de la cadence infernale imposée par la fast fashion, cette marque suédoise conçoit des vêtements de sport exclusivement à partir de fibres végétales, 100% biodégradables, que vous pourrez déposer sans problème au compost pour en faire un engrais naturel et efficace ! Une belle manière de recycler vos T-shirts usagés tout en faisant grandir votre petit potager bio.

  • Les baguettes comestibles de la société nipponne Marushige Confectionery

Quitte à manger avec des baguettes, autant pouvoir les consommer, elles aussi ! C’est en tout cas l’idée développée au Japon par la société Marushige Confectionery, afin de réduire les déchets générés par la gastronomie asiatique, tout en promouvant la culture déclinante de l’igusa, roseau normalement utilisé pour confectionner des tatamis, mais de plus en plus délaissé. Le goût amer de l’igusa ne ravira peut-être pas toutes les papilles, mais une paire de baguettes comestibles vous fournira autant de fibres qu’un panier entier de salade : utile, à défaut d’être délicieux.

  • Le centre commercial ReTuna Aterbruksgalleria, un Emmaüs amélioré à la suédoise

Imaginez Emmaüs, mais en version centre commercial moderne, spacieux, bobo et bien équipé. Bienvenue au ReTuna Aterbruksgalleria, en Suède, à quelques heures de Stockholm. Ce lieu ne propose à la vente que des produits recyclés ou de seconde main, le tout dans un design à la suédoise comme on l’aime. A visiter !

  • La start-up parisienne Love your waste

#tbt when #LoveYourWaste won the #ImpactPrize last Thursday in Bruxelles 👏🏻👏🏻 Proud of my brother

A post shared by Gaultier Desandre Navarre (@gaultierdna) on

Créée en 2015 et déjà lauréate du prix Impact Prize 2016 remis par la Commission européenne à Bruxelles, cette start-up a pour ambition de transformer en énergie les biodéchets des restaurants et cantines en offrant des services de communication, de collecte et de conseil ciblés. Une belle initiative, et française, on ne peut que dire bravo et cocorico !

Et bien sûr, la start-up Too Good To Go, dont vous pourrez retrouver l’interview exclusive de sa fondatrice dans Untitled Mag, juste ici !

Et vous, comment adopterez-vous la consommation éco-responsable ?

PDF24    Send article as PDF