Dans son premier roman Echographie du vide, Camille Bonvalet raconte le désir d’une femme de ne pas avoir d’enfants, et de se faire stériliser, mais qui n’arrive pas à en parler avec son petit-ami et sa famille.

C’est une simple visite chez le gynécologue. Voilà comment commence le premier roman de Camille Bonvalet. Emmanuelle, 28 ans, en couple, ne veut pas d’enfant. Mais ce qu’elle veut surtout, c’est se faire ligaturer les trompes. Elle dispose de quatre mois, le délai légal, pour murir sa réflexion. En France, ce délai correspond à la durée entre la première consultation médicale préalable et la seconde consultation où la demande de la patiente est écrite. Sans prendre cette décision à la légère, Emmanuelle est une héroïne banale, qui nous fait rire : « C’est dommage que ça commence comme ça, mais la première chose à laquelle elle pense, là, écartelée le sexe béant, sa culotte et son jean trop loin d’elle, c’est à son épilation ».

Dans ce premier roman, on partage quatre mois de la vie d’Emmanuelle. Entre les rendez-vous chez les gynécologues, le dimanche avec ses proches, sa famille qui lui demande sans cesse « alors c’est pour quand », et sa relation avec son petit ami, arrivera-t-elle à leur faire part de son choix ? « Et malgré l’orage qui se propage à l’intérieur, elle reste immobile pour rendre à son petit ami tout son amour accaparant. Elle caresse les cheveux noirs, le cou. »

Le regard des autres

Camille Bonvalet s’empare d’un sujet contemporain qui touche de nombreux couples aujourd’hui. Sans jamais tomber dans les clichés, elle prend la parole pour toutes ces femmes qui revendiquent ne pas vouloir d’enfant, souhaitent être libres mais surtout disposer de leur corps. A travers la vie d’Emmanuelle, offrant un regard franc et honnête sur la société d’aujourd’hui, elle aborde les thèmes de la maternité, la féminité et toutes ses injonctions. Le plus difficile pour l’héroïne semble être l’écoute et la rencontre avec un praticien ouvert, sans jugement. « Au fond, ces histoires de mutilation, si on lui demandait son avis, il répondrait qu’il n’y est pas tellement favorable. Mais la contraception définitive est un choix par soi et pour soi, et il est là pour le faire respecter, pas pour donner son avis ».

Avec humour et bienveillance, Camille Bonvalet raconte toutes les tentatives ratées d’Emmanuelle, d’aborder ce sujet, avec ses proches ou son petit ami. Un premier roman fort, qui on l’espère permettra de briser certaines tabous.

« Echographie du vide », Camille Bonvalet, Edition Autrement, 192 pages, 16,90 euros