« Êtes-vous heureux » ? Difficile de répondre à cette question ouverte tant la réponse peut varier d’un jour à l’autre.

Dans son 16e essai « Du bonheur, un voyage philosophique », récemment édité en format de poche, Frédéric Lenoir tente de donner une définition à ce concept. Au fil de ses 21 chapitres, le philosophe prend le lecteur par la main et lui présente divers éléments de réponses en alternant thèses philosophiques et études scientifiques. Les points de vue se contredisent selon les époques et les personnes. On côtoie ainsi des personnalités variées telles que Socrate, Jésus, Flaubert, André Gide, Matthieu Ricard et bien d’autres. Dans le jardin d’Épicure, on rétablit la vérité sur le philosophe grec. L’idée reçue qui invite à multiplier les plaisirs intenses se heurte à l’ataraxie. Un état de quiétude absolu de l’âme obtenu par la suppression des craintes imaginaires et superstitieuses, par notre capacité à nous satisfaire par nos seuls besoins fondamentaux, et par la qualité de nos plaisirs.

Le plaisir et le bonheur ont besoin d’être guidés par des objectifs de vie; Le bonheur est une affaire de volonté; Être heureux, c’est satisfaire les besoins ou les aspirations de notre être…

Le philosophe souligne l’importance d’être altruiste pour pénétrer dans le cercle vertueux de la vie : « Plus on aide les autres, plus on est heureux; plus on est heureux, plus on a envie d’aider les autres ». Dans une société où l’individualisme et le consumérisme dominent en Occident, une alternative émerge. Frédéric Lenoir la nomme « troisième révolution individualiste ». Apparue au début des années 2000, elle présente un regain d’intérêt pour la cité avec un retour des idéaux collectifs. Cet élan de solidarité fait surface via des actions collaboratives comme le mouvement altermondialiste, le microcrédit ou encore la conscience écologique. Le philosophe nous fait d’ailleurs remarquer que préoccupation spirituelle et intérêt planétaire sont aujourd’hui intriqués. Cette quête du bonheur ne doit pas suivre l’injonction créé par la société marchande en nous menant vers une forme d’ascèse.

Un chemin littéraire passionnant de par sa pédagogie, à noter que deux chapitres plus historiques alourdissent légèrement le récit. Mais le lecteur en ressort plus averti et optimiste. Car ce dit « bonheur » tant recherché est finalement plus accessible qu’il n’y parait.

Du bonheur, un voyage philosophique de Frédéric Lenoir, éditions Livre de poche, 6,60 euros.

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