Le festival a cette fonction caméléon de s’adapter à tous les secteurs existants. Chaque acteur de la société peut créer son propre événement, du festival de l’huître à Milmort en Belgique au festival d’Avignon où nous dansons tous en rond.

Le festival a pour caractéristique d’être ouvert au public. Qu’il se déroule sur plusieurs jours ou non, à l’intérieur ou à l’extérieur, il donne l’opportunité de découvrir ou de redécouvrir un champ d’activité en particulier. Souvent, le festival suit le fil rouge des nouveautés qui accompagnent ce secteur. Par cette mise en lumière éphémère, le festival se présente comme un acteur considérable dans la transmission de valeurs et de culture. Il fait vibrer la cité, appelle à la curiosité, et s’inscrit dans le temps avec la programmation de plusieurs éditions – si toutefois la ou les premières ont été suffisamment fructueuses pour lancer une suite.

Festival & the city

L’art fait partie intégrante de cette manifestation thématique ; la source étymologique du mot festival en est d’ailleurs intimement liée : « Série périodique de manifestations artistiques appartenant à un genre donné et qui se tient habituellement dans un lieu précis ».

Quand on pense aux festivals d’art, on peut vite rattacher le tout à la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), ou encore au festival de photographie contemporaine Circulation(s). On fait directement le lien car ils font partie des événements les plus en vogue dans ce domaine, mais le spectre des festivals d’art est en réalité bien plus large… Il nous réserve même quelques surprises.

© Festival Vis-à-vis, collectif BLBC
© Festival Vis-à-vis, collectif BLBC

Photographie moderne, art contemporain, galeries d’art, vous l’aurez compris, le champ d’actions des festivals recouvre chaque pan du monde artistique, et ce, sous couverture de différents formats. Là où l’illustration se mue en gigantesques braderie, l’art contemporain prend plain-pied sur chaque parcelle d’un quartier. C’est bien là que repose toute l’originalité d’un festival ; c’est une façon unique d’explorer l’art et de le rendre visible et lisible aux yeux de tous. Le Festival Vis-à-vis en est un bel exemple. Organisé par le collectif BLBC en septembre 2016, ce nouveau format créatif nous proposait d’assister à une série d’installations, de performances et de rencontres artistiques, le temps d’un weekend dans tout le quartier Popincourt (Paris, 11ème). Des vitrines de magasins au trottoir, tout l’espace a été optimisé pour intégrer pleinement le citoyen dans cette démarche artistique nouvelle.

Le graphisme et l’illustration, nouvelles coqueluches du festival d’art

Si le festival d’art est axé prioritairement sur le cinéma, l’art contemporain ou encore sur la photographie, du moins à travers sa communication, le graphisme et l’illustration sont loin d’être laissés sur le bord de la route.

La Fête du graphisme, fraîchement nommée Graphic Design Festival, en est l’un des événements phares. Sa programmation éclectique jongle entre urbanisme et institution avec des expositions d’affiches dans la rue et dans les musées. Cela rend bien compte de la diversité et de la capacité qu’offre le format d’un festival. Ce n’est pas seulement un défilé d’acteurs issus du même secteur d’activité et exposant leurs œuvres devant un public ; c’est un aussi et surtout un ensemble de programmes se répondant les uns aux autres, amenant le public à se diriger à plusieurs endroits et à se confronter à de nouveaux supports. Cela impulse de l’action un peu partout dans la ville et attise la curiosité des passants.

© Etapes, Air Poster au Graphic Design Festival
© Etapes, Air Poster au Graphic Design Festival

Le festival se veut aussi plus populaire, parfois dans l’optique de désacraliser un domaine en particulier, à l’image de grandes braderies par exemples. C’est aussi un moyen de toucher la jeune génération en leur faisant découvrir de nouveaux talents ou courants alternatifs. Les « braderies culturelles », comme avec les Puces de l’illustration, sont à l’image de ces nouvelles guinguettes jeunes et stylisées que l’on préfère aux bars élitistes et guindés (exemple : à la folie, la Villette). On y flâne, on y boit quelques coups, ce sont des événements où il n’y a quasiment plus de barrières avec l’artiste, et on peut y faire accessoirement de bonnes affaires.

© LMVDR, Les Puces de l'Illustration
© LMVDR, Les Puces de l’Illustration

A venir, le déjanté PULP Festival dédié à l’art de la bande dessinée. Rendez-vous à la ferme du Buisson, Noisiel, du 21 au 23 avril prochain. Plus d’infos ici.

Le dessous des institutions • Episode 1 : Les Fondations d’entreprise

Le dessous des institutions • Episode 2 : les Festivals

Les dessous des institutions・Episode 3 : Les petits musées

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