Pour son troisième long-métrage, le réalisateur japonais Tatsushi Omori choisit d’adapter un roman de Noriko Morishita, « La Cérémonie du Thé » pour raconter la vie d’une jeune femme à travers le monde du thé. Il y questionne avec humour traditions ancestrales et problématiques modernes.

La cérémonie du thé au centre

Le film s’ouvre sur Noriko (Haru Kuroki) enfant qui revient d’une séance de cinéma, elle a été voir la Strada de Fellini mais n’a rien compris. On la retrouve ensuite jeune adulte, elle peine alors à trouver sa place et est préoccupée par ses études. Sa mère lui suggère d’étudier l’art du thé, elles s’y rendent avec sa cousine Michiko (Mikako Tabe) au caractère bien trempé.

« Pourquoi ne pas étudier l’art du thé ? »

Après ce début un peu expédié, on se retrouve dans la maison traditionnelle de Madame Takeda, jouée par l’excellente Kirin Kiki (Un affaire de famille, Les délices de Tokyo) pour notre premier cours de thé. Le réalisateur filme avec beaucoup d’humour cet apprentissage fastidieux. L’art du thé est une chorégraphie complexe et très codifiée : un pliage de serviette interminable, un maniement du fouet au millimètre prêt. Les deux cousines ne cessent de questionner Maitre Takeda « Pourquoi ? », qui leur répond agacée « Parce que c’est comme ça ».

Tatsushi Omori filme en plans rapprochés, ce qui donne une intensité aux mouvements et met en valeur les objets traditionnels, les pâtisseries qui donnent l’eau à la bouche, ainsi que le magnifique jardin japonais du pavillon. On se laisse charmer par le bruit du vent et de la pluie, et on apprend à apprécier chaque saison, tout comme la jeune Noriko.

Car c’est là un des enseignements de l’art du thé, plus qu’une préparation culinaire, un véritable art de vivre, que Noriko ne comprendra que plus tard, tout comme ce film de Fellini.

« Chaque jour est un bon jour »

Le thé est censé être une excuse pour raconter la vie de la jeune femme. Les cours de thé, intemporels, continuent à prendre place, mais les personnages évoluent. De nouvelles élèves arrivent, d’anciennes partent. Noriko, elle, peine toujours à trouver sa place, alors que Michiko suit une voie toute tracée : travailler dans une banque, accepter un mariage arrangé.

Mais le réalisateur reste assez en surface des thèmes abordés : le chômage, la solitude, le rapport à la famille, à l’amour et les personnages demeurent assez lisses. Les deux cousines resteront deux jeunes filles sages qui ne font pas de vagues. L’enseignement de l’art du thé « Chaque jour est un bon jour » : mettre ses sens en éveil et écouter le moment présent pour apprécier chaque instant dans ce qu’il a à offrir, peut également paraître un peu simple. Mais c’est peut-être que c’est là l’essentiel.

Finalement, la vie de la jeune fille n’est-elle pas plutôt une excuse pour parler du thé ? Loin d’être un film social ou dénonciateur, « Dans un jardin qu’on dirait éternel » est à prendre avec légèreté : une histoire drôle et captivante, certes assez inoffensive, mais un très beau voyage au sein des traditions japonaises.


Sortie le 26 août au cinéma