Le célèbre photo-reporter de guerre, Reza, nous fait découvrir à l’occasion du festival « Un autre regard » une vingtaine de tirages réalisés avec les jeunes réfugiés d’un camp du Kurdistan irakien.

Dans le cadre du festival « Un autre regard » organisé à jusqu’au 8 décembre à la bibliothèque de Sotteville-les-Rouen, Reza, photo-reporter mondialement (re)connu, nous propose de découvrir plusieurs photographies de la série « Dans l’oeil de Reza». Des tirages issus du camp de Kawergosk au Kurdistan irakien qui témoignent des conditions de vie de jeunes exilés dans un camp de réfugiés. « Au cours de mes reportages j’ai été bouleversé suite à la rencontre de certaines personnes que j’ai vu. Je pense que ce genre de rencontre est très important. On ne voit pas l’impact aujourd’hui mais dans 20 ans, 30 ans, 50 ans » confiait le reporter photographe de guerre en marge de l’exposition au micro de France 3 Normandie. L’occasion pour nous de vous présenter un autre travail d’un photographe de guerre.

© Maryam Husein, 16 ans. Camp de réfugiés syriens de Kawergosk, Kurdistan, Irak.

Reza et le regard enfantin

De ses 40 ans de sa vie dans les zones de guerre, Reza a appris petit à petit à photographier la souffrance, l’inquiétude, le désespoir autant que l’espoir des milliers de réfugiés présents aux quatre coins de la planète. S’il y arrive si bien aujourd’hui, c’est peut-être car il a lui-même vécu la blessure de l’exil forcée dans sa vie. Depuis son départ de l’Iran en 1981, Reza parcours inlassablement les guerres et les ruinent qu’elles laissent derrières elles.

Pour son projet « Dans l’oeil de Reza», le  photo-reporter s’est rendu dans le camp de réfugiés de Kawergosk avec une idée bien précise.  Celle d’initier des enfants du camp à la photographie. Il organise ainsi un atelier itinérant, tout en arpentant les allées du camp de Kawergosk pour son portfolio. De ses rencontres, Reza dit vouloir montrer la vie intérieure par ceux qui la vivent. « Ce qui me frappait le plus c’était ces regards incroyables : interrogatifs, lointains. Des enfants qui n’ont plus le regard d’enfant ».

La photographie comme identité visuelle

Parmi ses nombreuses photographies de guerre, Réza nous présente un visuel particulièrement marquant, représentant deux chaussures d’une jeune réfugiée Syrienne nommée Maya Rostam à qui il donne des cours de photographie avec d’autres enfants. Un matin, cette dernière, pourtant très assidue, arrive en retard. Réza raconte : « je l’interroge sur son retard. Sans un mot, elle tend son appareil vers moi et me montre cette photographie. Elle ajoute d’une voix presque inaudible : « Mes chaussures étaient gelées. J’ai dû attendre pour les mettre ». Je n’ai jamais été autant bouleversé devant la force symbolique d’une image. Aujourd’hui, Maya Rostam, enfant réfugié syrien dans le camp de Kawargosk en Irak, est une des meilleures élèves. Elle est devenue le visual story teller de sa propre histoire.

© Maya Rostam , 13 ans.Camp de réfugiés syriens de Kawergosk, Kurdistan, Irak.
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