Vous aussi vous êtes perdu.e.s avec toutes les sorties récentes, tous les livres qu’on vous conseille et toutes les recommandations des libraires jusqu’à en oublier de lire des bandes dessinées ? Pas d’inquiétude, on a pensé à tout et on vous concocte des sélections de nos BD préférées !

Tanz !, Maurane Mazars

Essen, 1957. Uli est un jeune danseur à la Folkwang où il ne se sent pas à sa place. Lui qui ne rêve que de Broadway, des comédies musicales, qui admire Genn Kelly et consorts. Alors qu’il sont en voyage à Berlin, Uli fait la connaissance de Anthony, un danseur américain. C’est le déclic que Uli attendait, il part à New-York. Mais la vie n’est pas aussi simple que ce qu’il attendait, l’univers des comédies musicales se révèle tout aussi impitoyable que celui de l’école allemande.

C’est un voyage à travers la danse que nous invite à découvrir Maurane Mazars. La quête d’identité de Uli qui cherche à se positionner dans l’art chorégraphique, qui cherche sa place. Uli cherche sa place dans le métier mais aussi dans sa vie personnelle. New-York lui ouvre les portes de nouvelles expériences, nouvelles rencontres mais aussi l’occasion de retrouver ce personnage clef, Anthony.

Les planches colorées comme à l’aquarelle nous entraînent dans la danse, ces trainées de couleurs induisent le mouvement de la danse et la palette chromatique est saisissante. Ces planches sont alternées avec celles en noir et blanc que sont les cauchemars de Uli, qui représentent les doutes ainsi que le vécu du danseur. Cette alternance donne une profondeur au personnage et rend sensible sa quête à travers la danse.

Une BD pour les fans de danse et ceux qui aiment les couleurs pastels.

« Tanz ! », Maurane Mazars, Editions Le Lombard, 248 pages, 19,90€

L’arabe du futur 5, Riad Sattouf

Riad Sattouf et sa talentueuse BD sont de retour pour un nouvel opus. Né à Paris, d’une mère bretonne et d’un père syrien, Riad Sattouf a grandi en Libye, en Syrie et en Bretagne. Dans sa bande dessinée “L’arabe du futur”, il raconte sa jeunesse. 

Dans ce cinquième épisode, l’auteur revient sur son adolescence en Bretagne, ses envies mais surtout ses problèmes. Il vit désormais avec sa mère et son frère Yahya. Son père a enlevé le troisième et le plus jeune enfant, Fadi pour qu’il vive avec lui en Syrie. La mère de Riad est dévastée et à fleur de peau, depuis le début de ce cinquième tome. Elle pleure, crie, et réveille son aînée en pleine nuit dès qu’elle pense avoir trouvé une solution pour retrouver son fils. 

Riad Sattouf raconte les années 1992-1994, l’époque où les ados écoutent Nirvana et chaussent les premières Adidas Torsion. Mais pour cet ado, pas facile de se reconstruire dans ce nouvel environnement et d’avoir une vie comme les autres. Entre la disparition de son frère, ses regrets, son amour pour Anaïck, son père enleveur d’enfant et ses grands-parents bretons, il ne trouve pas toujours sa place.

« L’Arabe du futur 5 », Riad Sattouf, Allary Editions, 184 pages, 22,90€

Corps public, Mathilde Ramadier et Camille Ulrich

Dès l’adolescence, les filles apprennent que leur corps ne leur appartient pas complètement : il est dans l’espace public, et beaucoup d’autres personnes semblent avoir le droit de le commenter. Depuis le gyneco jusqu’aux petits amis, en passant par les parents, les jeunes femmes n’ont que très peu d’espace pour s’approprier leur corps.

Normes et injonctions pèsent sur la vie de Morgan, la vingtaine, comédienne à Paris puis à Berlin. Elle ressent cette difficulté à faire siens ses désirs, mais aussi à les assumer. Mathilde Ramadier et Camille Ulrich nous parlent de sexe – pas forcément toujours très bon d’ailleurs -, des rencontres de la jeune femme et du rapport au corps de la comédienne.

Morgan grandit et vit désormais à Berlin avec Pierre. Elle a un désir de maternité que son partenaire respecte. Et quand elle est enceinte, c’est tout à nouveau pan du rapport aux femmes que Morgan découvre : tous ces gens qui pensent mieux savoir et sentir qu’elle, toutes ces injonctions corporelles, et l’épuisement qui suit l’accouchement. Entre désir de maternité et liberté, Morgan ne trouve pas toujours sa place.

Une belle BD à mettre entre les mains des jeunes filles pour qu’elles n’oublient pas de s’écouter : nos corps, nos choix.

« Corps public », Mathilde Ramadier et Camille Ulrich, Editions du faubourg, 160 pages, 20,90€