Vous aussi vous êtes perdu.e.s avec toutes les sorties récentes, tous les livres qu’on vous conseille et toutes les recommandations des libraires jusqu’à en oublier de lire des bandes dessinées ? Pas d’inquiétude, on a pensé à tout et on vous concocte des sélections de nos BD préférées !

#Balance Ta Bulle, Anthologie sous la direction de Diane Noomin

Cette anthologie est l’illustration même de la sororité. On ne peut ressortir de la lecture de ces planches que requinquées – en colère certes, face à toutes ces femmes qui ont subi des violences et des agressions sexuelles, mais aussi pleine d’énergie de voir toutes ces femmes qui parlent enfin. Une nouvelle preuve de la puissance de la vague #MeToo.

Ces 60 illustratrices ont en commun d’avoir un jour été harcelées ou agressées. Par un père, un frère, un ami, un amant, un inconnu dans la rue, un collègue de bureau… Peu importe, elles manient toutes les dessins comme une arme pour se libérer de la violence et du silence de notre société qui impose aux femmes victimes de ces violences d’en ressentir en plus la honte et la culpabilité pendant des années. De se construire avec cette blessure et ce silence.

La richesse et la diversité des formes d’expression de ces illustratrices fascine et nous rappelle à quel point cette violence du patriarcat nous touche toutes. Et quelle joie de découvrir toutes ces autrices de BD américaines, grâce à la traduction de Samuel Todd qui nous les rend accessibles.

Cette anthologie est à se procurer de toute urgence, pour se relever de violences subies, pour écouter et conseiller nos amies, pour éduquer les prochaines générations et sortir de ces cycles destructeurs pour tant d’entre nous.

Gauche : Rage Queen ; Droite : Sabba Khan

« Balance ta bulle », Anthologie sous la direction de Diane Noomin, Editions Massot, 304 pages, 28€

Bluesman, Raul Arino

Barry est un ancien musicien, devenu chauffeur de bus ordinaire, père de famille et mari aimant. Il a en somme, une vie tranquille et sans histoires. Jusqu’au jour où Franck, son ex-manager refait surface et demande à Barry un nouveau titre imparable. Autrefois, lui ce charmeur d’un jour, savait faire danser les cœurs et swinguer les âmes, caresser sa guitare et ensorceler son public. Mais aujourd’hui, il vit dans un autre monde : sa vie ne l’inspire plus, ses trois enfants sont plus que banales, il n’a pas de quoi être inspiré… et surtout il ne veut pas revenir dans le passé.

Mais ce passé n’est pas enterré pour tout le monde. Le producteur sait qu’il a tué son ex et son amant, dans un accès de violence pour se venger. Barry n’a pas le choix, il doit composer de nouveaux titres, sinon il peut dire adieu à sa vie et à sa petite famille. Va-t-il se laisser hanter par ces vieux démons ? 

De la passion, de la musique, du polar, voilà ce que nous sert Raul Arino. Ici, il ne se contente pas de raconter une histoire, mais questionne les choix de vie, les orientations et les erreurs du passé. Et grâce au graphisme si coloré, si abstrait on plonge rapidement dans la vie de cet homme qui risque si vite de basculer…

« Bluesman », Raul Arino,(traduit par Simon Oliviero), Editions Sarbacane, 72 pages, 18€

Le printemps suivant, Margaux Motin

Suivie par près de 300 000 personnes sur Instagram, Margaux Motin désormais installée dans le pays basque partage joie et déception avec les utilisateurs. Alors qu’elle avait publié un premier livre, il y a 7 ans, elle revient dans Le printemps suivant, avec humour sur sa vie avec Paco, sa famille recomposée et leurs enfants.

Voilà le point de départ du Printemps suivant : Margaux et Paco viennent d’emménager dans une nouvelle maison, entre campagne et mer. Mais pour Margaux, impossible de canaliser cette énergie débordante qui l’empêche de profiter. L’illustratrice, au fil des pages, raconte les joies de vivre à la campagne, de côtoyer la nature mais surtout ce début de vie à deux. Comme tous, ils vont devoir adopter les petites manies, le style de vie, les envies de l’autre, et finir par se disputer autour des sujets du quotidien.

Avec beaucoup d’humour, Margaux Motin se penche sur la vie de sa petite famille et opte très souvent pour l’auto-critique. Débordante d’énergie, maniaque, perfectionniste, elle se met souvent à dos les enfants et Paco. L’illustratrice signe un premier tome extravagant et entraînant, laissant les lecteurs sur leur faim, dans l’attente fébrile d’un nouveau tome. 

« Le printemps suivant », Margaux Motin, Editions Casterman, 144 pages, 20€