Se faire larguer comme un malpropre, avoir un père malade et vivre une vie professionnelle précaire et guère attrayante ça en fait beaucoup pour Alexandre qui se demande où est ce satané bonheur. Ça en fait beaucoup aussi pour les spectateurs qui se retrouvent, dans Les Étoiles Restantes, sur le terrain connu de la comédie dramatique bon enfant. Pas désagréable pour autant, ce premier film de Loïc Paillard ne paie pas de mine mais manque de relief. 
Alexandre, trentenaire un peu paumé, décide de se lancer dans la vie active. Loris, son colocataire misanthrope, travaille sur une « méthode universelle pour réussir sa vie » et Patrick, son père, décide d’arrêter sa chimiothérapie. Jusqu’ici tout va bien mais c’est sans compter l’arrivée de Manon…
Je n’ai pas un cœur de pierre. Je pourrais parler pendant des heures de ma passion pour les films choraux français et les comédies romantiques Anglos-saxonnes. Malheureusement le scénario des Étoiles Restantes manque de nerf et est surtout trop télécommandé. Le quiproquo narratif a dû être repéré par Thomas Pesquet  lorsqu’il était dans l’espace, tellement on le voit venir de loin. Les dialogues ne manquent pas – c’est assez rare pour le faire remarquer – de mordant, mais sont ancrés dans des situations fantasmées ou improbables. Il faudrait qu’on m’explique un jour  comment on peut rencontrer l’âme sœur à la caisse d’un supermarché et pourquoi tous les patrons d’entreprises sont agrégés de philosophie. Les personnages dissertent trop longtemps sur le pourquoi et le comment de la vie, ce qui alourdit terriblement le film et sa poésie. On s’attache beaucoup plus  à ce personnage de colocataire génial, joué par Sylvain Mossot, dont c’est le premier (et certainement pas le dernier) rôle dans un long métrage et à sa relation avec sa voisine vendeuse de nuages, qu’attendre qu’Alexandre arrête de faire la gueule. En particulier lorsqu’on est dragué par la gracieuse Camille Claris.
©Les Étoiles Restantes
©Les Étoiles Restantes
Loïc Paillard ne manque pas de talent pour mettre en scène et donner du rythme à son film à travers un montage cut efficace mais un peu trop perfectionniste. Il faut avoir passé une grande partie du film pour voir l’alchimie opérer lors d’une séquence de danse sous le signe de l’apaisement et de la célébration de la vie qui s’éteint doucement mais  durement. Là, est la réussite des Étoile Restantes. Le réalisateur ose s’attaquer à la problématique de la perte des parents  et comment s’y préparer. Le travail sur les regards et les non-dits que s’échangent Alexandre et son père sont criants de vérités et feront verser quelques larmes aux plus insensibles, tel votre serviteur.
Sympathique mais qui ne cache pas son manque d’originalité, Les Étoiles Restantes n’en reste pas moins un gentil premier film qui a mérité son prix du public au Champs-Élysées Film Festival. À saluer  avant tout pour son regard  sur la décrépitude et la réflexion sur le temps qui passe.