Critique : Vie Sauvage, un film de Cédric Kahn

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Paco et Nora rêvaient de liberté. Une liberté au nom de laquelle ils souhaitaient élever leurs progénitures. Une liberté rattrapée par les velléités urbaines de Nora, victime de l’entêtement d’un homme prêt à tout pour perdurer les idéaux fondateurs de leur union passée.

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Synopsis :

Philippe Fournier, dit Paco, décide de ne pas ramener ses fils de 6 et 7 ans à leur mère qui en avait obtenu la garde. Enfants puis adolescents, Okyesa et Tsali Fournier vont rester cachés sous différentes identités. Greniers, mas, caravanes, communautés sont autant de refuges qui leur permettront de vivre avec leur père, en communion avec la nature et les animaux.
Traqués par la police et recherchés sans relâche par leur mère, ils découvrent le danger, la peur et le manque mais aussi la solidarité des amis rencontrés sur leur chemin, le bonheur d’une vie hors système : nomades et libres.
Une cavale de onze ans à travers la France qui va forger leur identité.

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Pour ce film, Cédric Kahn s’inspire à nouveau d’un fait divers, 13 ans après la réalisation de Roberto Succo. Pour conduire ce récit long dans le temps et bouleversant pour ses personnages, le cinéaste s’est appuyé sur deux visages forts et singuliers du cinéma français. Mathieu Kassovitz dans le rôle déterminant du père, Paco. Céline Sallette dans celui de Nora, la mère. Si pour le premier, il s’agit d’incarner avec recul et réflexion l’homme sans qui cette histoire n’aurait existé, pour Céline Sallette, c’est une performance aussi remarquable que difficile à réaliser. Privée de ses enfants, son personnage évolue dans l’ombre d’une structure familiale à laquelle elle ne peut se raccrocher qu’après onze années de souffrances. Une présence limitée et inconstante à l’écran, qui n’empêche pas Céline Sallette de faire exister un personnage complexe. A partir de ces deux prestations cohérentes, le réalisateur a pu mettre en place ce qui fût un voyage initiatique pour les deux fils de la famille Fournier.

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Le succès du film réside dans le point de vue adopté pour traiter en l’espace de moins de deux heures, une cavale de onze ans. Cédric Kahn a choisi de s’attacher à celui des garçons Fournier, Okyesa et Tsali. A eux deux, ils incarnent la source de cet amour qui vire à la déchirure. Ils sont le lien entre le passé et l’avenir, les rêves de jeunesses et les élans de responsabilité. Cela permet au réalisateur de surmonter le défi de la temporalité, trouver la bonne ellipse, et s’éviter ainsi les allers-retours constants entre la famille clandestine et la mère solitaire. Kahn se concentre sur la nature de la clandestinité des 3 personnages masculins, l’évolution des jeunes enfants et leur compréhension de la situation. Comment disparaitre durant autant de temps ? Une éducation est-elle possible ? Autant de questions abordées, qui permettent de dépasser la simple évocation cinématographique du fait divers.

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