Critique : « The Revenant », un film de Alejandro González Iñárritu

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The Revenant ou la sixième poudre aux yeux de Alejandro González Iñárritu. Depuis de nombreuses années, plus exactement depuis 21 Grammes, les cinéphiles se sont habitués à voir les stars se bousculer pour tourner sous la houlette du réalisateur Mexicain. Iñárritu serait un gage de qualité et de cinéma intellectuel. Soyons clair : ce n’est pas le cas dans The Revenant. Les articles s’empressant de comparer le film au cinéma de Tarkovski ou Malick sont tombés dans le piège du cinéaste, celui de réussir à se donner des airs de grand réalisateur de chefs-d’œuvres en usant d’artifices ridicules.

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Alors pourquoi autant de véhémence envers The Revenant ? Il faut le reconnaître, les vingts premières minutes sont réussies. La première attaque est assez prenante et la terreur ressentie par les personnages partagée si l’on fait abstraction de la caméra tourbillonnante/horripilante caractéristique du cinéma de Iñárritu. Puis vient la débandade. Alors que le récit aurait pu monter en puissante et offrir un véritable survival, le réalisateur tombe dans ses travers et n’est pas aidé par le jeu de DiCaprio. L’acteur passe le plus clair de son temps à ramper et baver en gros plan. On s’était habitué à voir celui-ci cabotiner dans ses derniers films (Les Infiltrés ou Le Loup de Wall Street dans lesquels ce n’était pas une mauvaise chose) mais dans The Revenant Leonardo DiCaprio perd pied et offre le pire de lui-même à cause d’une direction catastrophique. Nul doute que l’acteur sera enfin récompensé aux Oscars pour ce rôle mais le petit pincement au cœur vient du fait que cela aurait déjà dû avoir lieu pour un autre film. Tom Hardy quant à lui ne rehausse pas le niveau et offre un « méchant » inconsistant. En fait les bonnes surprises viennent de Will Poulter et Domhnall Gleeson, celui-ci ayant déjà offert une très belle performance en 2015 dans Ex Machina (top 10 de l’année 2015 sur Untitled Mag).

Alejandro González Iñárritu torture son héros jusqu’à la nausée, comme dans Biutiful. Le réalisateur a toujours adoré offrir des récits de 160 minutes interminables tournant en rond et malmenant ses personnages pour un rien. Birdman tirait déjà en longueur vers la fin mais The Revenant relève l’exploit d’en faire encore plus. DiCaprio se fait agresser par un grizzly en 3D pendant plusieurs longues minutes, panse ses plaies en montrant bien visiblement les blessures (dégoûtons encore plus le spectateur avec du gore inutile), mange un foie de bison cru… pour couronner le tout le film est agrémenté de visions mystiques, symboliques, divines, c’est à votre guise, censées guider le héros dans sa quête vengeresse. C’est aussi de là que vient la prétention du film de Iñárritu qui nous assomme de ces scènes creuses pour notre plus grand malheur. Non, n’est pas Malick ou Tarkovski qui veut.

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Les décors et la photographie sont cependant magnifiques à plusieurs moments et offrent un regard sur une Amérique encore sauvage et pleine de dangers. Cela n’est cependant pas du fait de Iñárritu mais plutôt de son directeur de la photographie, Emmanuel Lubezki, et son travail formidable. Le monsieur ayant travaillé sur les géniaux Les Fils de l’Homme et Gravity (bon survival contrairement à The Revenant) de Alfonso Cuarón ou encore The Tree of Life et Le Nouveau Monde de… Terrence Malick. Un grand talent au service d’un film raté qui aurait pu être beaucoup plus réussi sous la direction d’un autre réalisateur que Iñárritu.

The Revenant est donc une déception, un énorme pétard mouillé et une énorme esbroufe visuelle. Cette critique ne fera sans doute pas de l’ombre au film qui offrira un tas de petits trophées et billets pour son réalisateur mais ne mérite pas, selon Untitled Mag, tous ces éloges parfois exagérés.

https://www.youtube.com/watch?v=GMjAQ_-M4uA

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