Un film intelligent, à la hauteur de l’empire dont il traite. Mention spéciale au superbe Michael Keaton qui est parfait, de bout en bout. 

Années 50, Californie. Ray Kroc rencontre les frères MacDonald, propriétaires d’un restaurant de burgers. Face au système novateur et populaire élaboré par les deux frères, celui-ci leur propose de franchiser ce concept, afin de s’étendre aux Etats-Unis. Ray Kroc deviendra le fondateur de l’empire que l’on connaît aujourd’hui.

Une épopée

Le film pose ses fondations sur un fort potentiel. Le scénario, écrit par Robert Siegel, est classé parmi les meilleurs scénarios de 2014 en attente de production, selon The Black List. L’histoire narrée est séduisante : il s’agira de raconter les amours et les coeurs brisés qui se cachent sous l’empire MacDonald’s. Le pari fonctionne. On est toujours plus avide de découvrir une histoire qui aussi un peu la nôtre, dans un sens. La nôtre car nous sommes tous clients de MacDonald’s : même celui qui ne consomme pas le burger, mais consomme la publicité et marche dans les mêmes rues illuminées de grands « M » jaunes. Le film suit le même procédé que son sujet, il informe en vendant. Le premier plan consiste en une face caméra du personnage de Ray Krock : celui-ci s’adresse à la fois à son client, à qui il veut vendre un robot mixeur, mais également à la salle. Nous sommes dès lors tenus au courant du projet de l’homme, et du film.

Copyright 2015 splendid film GmbH
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Le rêve américain

Ray Kroc correspond à la figure du self made man. Il y a une ambiguïté dans son personnage, assez bien rendue par la mise en scène : on adore le détester. Répondant au motif de l’américain qui a cru en ses rêves -« persévérance » est le mot qui ouvre et ferme le film, il répond à une image positive. Toutefois, cet ambitieux cristallise aussi l’envers de la réussite : il écrase littéralement, les frères MacDonald étant infantilisés, malgré leurs carrures imposantes -duo impeccable mené par Nick Offerman et John Carroll Lynch. L’évolution du personnage se manifeste dans l’évolution de son costume, de sa maison, jusqu’à son épouse -plus jeune, plus ambitieuse, plus blonde.

La belle scène : Michael Keaton et Linda Cardellini, dans le rôle de Joan Smith, jouant au piano « Pennies from Heaven ».

https://youtu.be/AX2uz2XYkbo

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