Le film, présenté au festival de Venise en 2014, suit le parcours d’une veuve retraitée qui voit sa vie basculer lorsqu’elle commence à recevoir de mystérieux appels anonymes.

Dans un paysage d’une Chine moderne, une retraitée ne peut s’empêcher de s’occuper de ses enfants et petits enfants ou de personnes en maison de retraite, et par conséquent, ne pense pas à prendre soin d’elle. Une vision originale qui est somme toute assez peu traitée dans le cinéma chinois, celle de l’hyperactivité de la femme chinoise. Un effet du communisme, l’individu n’existe pas, le groupe est la seule force et la seule façon de penser de cette ancienne génération. Ce conflit des générations est un des sujets prédominants du film, l’affrontement est permanent mais le passé s’impose toujours, et ne peut permettre une évolution des mœurs. De nombreuses fois, cette vieille femme cherche à s’imposer dans la vie de ses enfants mais refuse de venir chez eux lorsque celle ci est harcelée de coups de fils anonymes. Le passé aura toujours le dernier mot. Outre cette relation conflictuelle, le passé apparaît de façon plus matérielle à travers ses démons, qui semblent décidés à la rattraper malgré l’oubli qu’elle cherche à provoquer.

© Chinese Shadows
© Chinese Shadows

Si le film nous propose des enjeux assez riches sur le plan scénaristique, il ne parvient pas à entraîner le spectateur dans son rythme tantôt rapide, tantôt d’une lenteur et d’un onirisme déconcertants. Le spectateur cherche en permanence à comprendre ce qu’il se passe, les démons sont ils réels ? Perdre le public de cette façon est sur le papier une bonne idée, qui permettrait dans l’idéal de rajouter un élément scénaristique intéressant, mais ici le réalisateur nous perd pendant toute une moitié de film et ne nous promet aucun échappatoire pour saisir les motivations de sa création.

© Acacida films
© Acacida films

Reconnaissons tout de même aux acteurs un jeu plutôt convaincant, ainsi qu’un investissement visible. L’intérêt du film survient dans les 10 dernières minutes, durant lesquelles nous parvenons enfin à nous raccrocher à quelque chose qui a du sens : La culpabilité et la volonté de se faire pardonner. Le twist final est assez inattendu et fonctionne plutôt bien.

Toutefois, sur presque deux heures de film, seules les dix dernières minutes parviennent à réveiller le spectateur. Malgré un sujet intéressant, le film nous laisse sur le quai, embarquant sans nous mais avec ses fantômes, vers la frontière de son réel. 

https://www.youtube.com/watch?v=iDKj4pASa8c

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