Critique : « Mistress America », un film de Noah Baumbach

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La vie New-Yorkaise, source de nombreux fantasmes tant celle-ci est ancrée dans la culture populaire grâce aux nombreux films et séries se déroulant dans cette ville emblématique. Mistress America ne déroge pas à la règle et nous fait ressentir l’énergie de la grosse pomme, là où tout va rapidement à l’image de Brooke, jouée par Greta Gerwig. Noah Baumbach retrouve donc l’actrice pour lui offrir un rôle à sa mesure aux côtés de la talentueuse Lola Kirk, incarnant Tracy la sœur adoptive de Brooke et dont l’alchimie avec Greta Gerwig fonctionne parfaitement. Alors qu’est-ce qui fait de Mistress America une réussite et le film à voir pour bien commencer cette année 2016 ? Réponse dans notre critique.

mistress america

Mistress America c’est tout d’abord l’histoire de Tracy, jeune étudiante qui débarque de sa province pour entrer dans une université à New-York. Entre questionnements sur ses talents pour l’écriture et difficultés pour se sociabiliser, la jeune fille se retrouve vite perdue. Et c’est là que rentre en scène Brooke, avec la fraîcheur et la spontanéité que Greta Gerwig insuffle avant perfection au personnage (qu’elle a écrit avec Noah Baumbach) et va s’avérer être un modèle pour Tracy.

Il faut dire que l’entrée de Brooke est fracassante. Celle-ci va entraîner Tracy dans une folle nuit pendant laquelle la jeune fille va observer son aînée sympathiser avec tout le monde et ne faire preuve d’aucune retenue. Noah Baumbach nous montre en l’espace de très peu de temps à quel point Brooke est un être délirant, spontanée, touchant à tous les domaines et très loin du caractère de sa sœur adoptive. Rapidement une alchimie va s’installer entre les deux femmes qui se découvrent membres d’une même famille et dont le seul lien est la mère de l’une qui va se marier avec le père de l’autre. Mais peu à peu le portrait d’une femme à la vie parfaite que dégage Brooke va se ternir. Avec subtilité le réalisateur nous fait comprendre que Brooke est incertaine quant à son avenir, comme Tracy qui l’admire, et souffre de procrastination qu’elle définit elle-même comme une maladie qu’elle n’arrive pas à soigner. Tracy n’arrive à trouver l’inspiration pour écrire qu’en observant Brooke et en retranscrivant sa vie tandis que celle-ci se bat pour un projet de restaurant dont elle ne semble rien maîtriser.

Impossible de ne pas faire une petite connexion avec la série Master of None, non seulement pour son héros Dev portrait du New-Yorkais qui ne fait rien de sa vie si ce n’est des « trucs » géniaux et fréquente un tas de bars tout comme Brooke mais aussi l’esthétique similaire à celle de Mistress America.

Car comme la bande-annonce ou les images du film le laissent entendre, Mistress America c’est une grosse part de visuelles typiquement New-Yorkais qu’on retrouve dans les films indépendants du genre. Lumières orangées et tamisées des bars de la ville ou du taxi, Noah Baumbach s’amuse de tous ces codes. Mais ce n’est pas tout car lorsque le film prend une tournure de Vaudeville en quittant la métropole, la photographie offre des couleurs beaucoup plus lumineuses et une impression d’ouverture. Cette partie n’est pas intéressante que pour ce changement de ton radical mais également pour la qualité de son écriture. Les personnages se succèdent à une vitesse folle, enchaînant les répliques bien senties et situations loufoques. Des conflits se créés et se règlent, des vérités éclatent et Mistress America fait sourire en nous entraînant dans son torrent d’énergie. Noah Baumbach et son talent pour offrir des œuvres générationnelles prend tout son sens et les protagonistes se retrouvent face à leurs questionnements qu’importe leur âge ou condition sociale. Tous échangent, apprennent ensemble et évoluent. C’est simple le film parle à tous.

Cerise sur le gâteau la bande son de Mistress America est un véritable régal pour les oreilles et vient offrir au film une véritable identité sonore. Composée par Dean Wareham et Britta Phillips, celle-ci fait la part belle à des morceaux aux sonorités 90′ à base de synthés, style très à la mode dernièrement au cinéma. Cependant dans ce cas précis le résultat est impeccable et on ne peut que réécouter encore et encore les musiques pour se replonger dans la frénésie de ce film.

Même si globalement, la critique est unanime, Untitled Mag vous conseille à son tour d’aller voir le nouveau film de Noah Baumbach. L’occasion de bien débuter votre année cinématographique 2016 et passer un bon moment devant un film plein d’esprit, écrit à merveille, générationnel, entraînant, possédant des personnages attachants avec une bonne bande-originale.

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