You can’t get rid of the Babadook.

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Le genre horrifique connait une période navrante : la recette Paranormal Activity est à sec depuis longtemps – les mauvaises langues diront dès le premier épisode –, James Wan, réalisateur apprécié des navets Insidious 1 et 2, a annoncé arrêter le cinéma d’horreur, et le frisson espagnol semble s’être tourné vers le format sériel avec The Strain en attendant son retour sur grand écran. Sous le signe de l’événementiel, du « consommable », l’expérience actuelle du film d’horreur en salle repose essentiellement sur le besoin de ressentir la peur au sein d’un groupe. On a plus peur, on joue à se faire peur. Dans le moins pire des cas devant une régurgitation des codes du genre, à l’inverse devant un enchaînement continu et blasant de jumpscares (apparition soudaine d’un personnage, méchant ou non, précédée d’un silence et des yeux exorbités de l’acteur, qui se conclut généralement par des cris ou les soupirs de spectateurs désabusés). La peur profonde et individuelle, excitant les craintes primitives, se noie dans la surexploitation des procédés et le manque de finesse d’un script souvent feignant.

Blasé ? Un peu. Cela dit et avoué, difficile de cacher que la perspective de tremblements, de larmes de peur et de fascination en présence, rêvée ou non, de l’Ogre, est un moteur d’espérance dans le cinéma d’horreur. Le premier long-métrage de la réalisatrice australienne Jennifer Kent, récompensé par 4 prix lors du festival Gérardmer 2014, arrive sans remous particuliers sur les écrans. Le Babadook hantera-t-il nos nuits ?

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Le potentiel horrifique de Mister Babadook repose essentiellement sur son monstre. Le faisant naître d’un livre pour enfant, Jennifer Kent permet l’identification immédiate du spectateur aux différents personnages qui ressentent l’oppression. Le croque-mitaine agit hors-champ, dans les placards et sous les lits, vient gratter à la porte et t’observe la nuit. Est-il gentil ? Est-il méchant ? L’interrogation subsiste, rappelant le garçon de L’Orphelinat, tandis que les apparitions, au final assez rares, du Babadook ne dévaluent en rien la peur latente présente dans l’atmosphère. Cette chose inconnue cachée sous son haut de forme s’incarne via sa mythologie sortie de la tête d’un enfant, d’une simplicité crayonnée et pourtant effrayante.

Jennifer Kent, prolongeant le thème de son court-métrage Monster, fait évoluer ses personnages au sein d’une maison de quartier oppressante, bâtie sur les fondations de l’expressionnisme allemand (les murs sont l’extériorisation des sentiments profonds des habitants). Si Essie Davis (la mère) peut manquer de nuances lors de certaines scènes, le petit garçon incarné par Noah Wiseman impressionne de charisme. Ses cris stridents enferment le spectateur sur lui-même, dans une forme d’autisme étouffant, et se mêlent au cocon sonore inaltérable du genre horrifique, fait de violons stridents qui ne sont, pour une fois, que les outils de la tension et non pas ses initiateurs. Par souci de rythme soutenu, la réalisatrice fait débuter les hostilités dans les 5 minutes. Rares sont les instants de repos et, bien qu’on puisse regretter une précipitation lors de certaines séquences, le film reste assez bien dosé pour que la déglutition soit souvent délicate.

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La réalisatrice réussit, pour son premier film, à revenir aux fondamentaux du genre horrifique, tordant nos points de vue sur les personnages, donnant de la matière à sa chimère chapeautée et enfermant petit à petit le spectateur dans son moi juvénile, à la recherche d’une peluche au toucher rassurant.

Toujours regarder sous le lit avant de se coucher.

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Synopsis: Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé ‘Mister Babadook’ se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le ‘Babadook’ est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations…

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