Synopsis

Aria, neuf ans, fait face à la séparation très violente de ses parents. Au milieu de leurs disputes, mise à l’écart par ses demi-sœurs, elle ne se sent pas aimée. Ballotée de l’un à l’autre, elle erre à travers la ville avec son sac à dos et son chat noir. Frôlant le désespoir, elle essaie de préserver son innocence.

Tout le monde n’y arrive pas mais pourtant il en faut peu pour faire un bon film. Trois acteurs principaux, des décors loufoques et une histoire qui tient la route (c’est le cas de le dire), voilà ce dont a eu besoin Asia Argento. Il faut y ajouter une bonne dose de piment et elle s’expose en partie, l’origine du talent.

Une étude réalisée aux Etats-Unis déclare que 70% des pères et 65% des mères préfèrent leur premier enfant aux autres. Tout est là.

@ DR. Tous les droits réservés.
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Aria a deux demi-sœurs et elle est la cadette de cette sororité. Lorsque ses parents se séparent, avec la haine et la violence qui caractérise leur relation, elle va devoir préserver son innocence, malgré les coups durs, habitant une fois chez l’un, une fois chez l’autre. Mais comment ne pas craquer, lorsqu’on a neuf ans et tout le monde contre soi.

C’est un retour gagnant donc pour Asia Argento. Presque dix ans après son dernier film, elle signe un drame sans mélo, violent, touchant. Elle traite ici de l’enfance, de l’incompréhension de ceux et celles qui abordent le monde en se sentant à part et rejetés par tous. Giulia Salerno (Aria), est fascinante dans ce rôle d’enfant abandonnée. Trainant son chat noir et son sac à dos d’une maison à une autre et à la recherche constante d’un peu d’amour et d’attention, elle est déjà, si jeune, charismatique et douée. Son regard et la gestuelle de ce corps fluet de chérubin crèvent l’écran.

Sa sœur ainée la maltraite. Enfilant le costume de fifille parfaite, elle va habiter chez son père, qui, n’y voyant rien, la couvre de cadeaux et de petites attentions. La seconde n’est pas mieux. Elle est l’idole de sa mère, la copie conforme, et elle ignore tout simplement sa petite sœur. A l’école, c’est aussi douloureux. Le vilain petit canard ne trouve pas sa place et doit subir, toujours.

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L’incomprise est en fait un film surprenant. Dans un décor fou des années 80, plein de couleurs, de formes, presque fluo et dérangé, les personnages évoluent, tous singuliers, tous dans leurs bulles. Les parents (dont Charlotte Gainsbourg, parfaite) sont des êtres égo-centrés et complètement à l’ouest, qui carburent au haschich, au sexe et à la célébrité. Ils donnent au film cette puissance, cette âpreté qui en est en partie la signature.

A l’opposé, il y a la rébellion, le combat et les yeux de chat. Aria est délaissée, triste donc, mais jamais elle ne tombe dans la plainte ou le pathos. Au contraire, elle défit ses détracteurs, bifurque et trouve des échappatoires.

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Et, sur une musique de fin soigneusement étudiée, elle sort le spectateur de sa léthargie, assommé, et comme pour le rassurer lui dit : « Ne va pas penser que je suis une enfant abandonnée. C’est un peu ça, mais c’est ce qui me rend libre ».


L’incomprise
Un film d’Asia Argento
Avec Giulia Salerno, Charlotte Gainsbourg, Gabriel Garko…
Sortie le 26 novembre 2014

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Elo, 27 ans, Paris. La photo, les livres, le cinéma. Et voyager bien sûr.