« Les élues » est un film de David Pablos, réalisateur mexicain qui nous présente ici son premier long métrage.

Sofia, 14 ans, est amoureuse d’Ulises. A cause de lui, et malgré lui, elle devient la proie d ‘un réseau de prostitution. Pour l’en sortir, Ulises devra lui trouver une remplaçante…

Le film est guidé par une intention somme toute assez noble : dénoncer le trafic d’êtres humains et la prostitution de mineur(e)s au Mexique, et dans le monde. Malheureusement, une fois le sujet abordé, l’intrigue peine à se dégager du sujet principal, et le film ne dépasse pas le statut de tract militant, cherchant à informer le monde avec un sujet choc et tabou. « Les élues » soulève un autre problème, peut on traiter sous forme de fiction un sujet comme celui ci quand l’objectif premier est de dénoncer ces pratiques ? On se retrouve à être capté par le sujet plus que par l’intrigue ou les personnages, et pour un film, c’est plutôt problématique.

Une autre difficulté réside à ne pas rendre le film inaccessible avec une interdiction au moins de 16 ans et la présence d’une actrice majeure, du fait des nombreuses scènes sexuellement explicites que semble nécessiter un tel sujet pour frapper le spectateur. Le réalisateur parvient à contrer ceci de la meilleur des façons, nous impactant par la violence de l’implicite et du son. A deux reprises, des gros plans sur Sofia et ses clients, accompagnés des sons du coït viennent illustrer les scènes de sexe, et décale ainsi le malaise sur le profil des clients et sur la jeunesse de Sofia.

Copyright ARP Sélection
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La mise en scène est plutôt sobre proposant toutefois quelques travelings assez plaisants. Les acteurs ne sont pas mauvais mais leurs personnages manquent de subtilité et de consistance, ce qui rajoute (encore) une distance entre le spectateur et la dramaturgie du film.

« Les élues » tente également de nous plonger dans le milieu des proxénètes, présentant un père qui tient sous son joug ses fils en les incitants à frapper et à ramener des filles. La passation de pouvoir du père est alors soulevé, est il possible de transmettre un tel fardeau à une génération représentée comme plus « humaine » que les précédentes ? Mais les relations sont abordées trop succinctement alors que ceci aurait pu donner de l’épaisseurs et de la nuance aux protagonistes.

Si de nombreux sujets intéressants sur le papier sont abordés, le mélange ne parvient pas à donner une oeuvre cohérente et homogène et l’on sort de la séance en se demandant encore où le réalisateur voulait nous mener. 

https://www.youtube.com/watch?v=7tQV2VRdepk

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