Critique : « Les 8 salopards », un film de Quentin Tarantino

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(L-R) TIM ROTH, KURT RUSSELL, and JENNIFER JASON LEIGH star in THE HATEFUL EIGHT. Photo: Andrew Cooper, SMPSP © 2015 The Weinstein Company. All Rights Reserved.

Nous y voilà, le nouveau baby de Quentin, son huitième film fièrement arboré dès les premières secondes du générique : les 8 salopards. Tout d’abord, posons-nous rapidement sur ce chiffre huit qui ricoche de la classification du film au fondement même de l’histoire.

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Oui, j’ose la réflexion. ET SI LES HUIT PERSONNAGES REPRESENTAIENT LES HUIT FILMS DU BOUGRE, et ce dans une circonférence et une mise en abîme parfaite ? Franchement l’idée se tient (et je n’avance pas seul’ment c’la parce qu’c’est la mienne, voyez-vous ?). Je n’ai pas envie de m’épancher trop sur le sujet mais, avouons tout de même que le parallèle entre un Django déchainé et un chasseur de prime noir dans l’Amérique du XIXème siècle (Samuel L. Jackson à l’affiche de plusieurs film de Quentin : Jackie Brown, Pulp Fiction…), est flagrant. L’écho se fait également dans le personnage British (Tim Roth) qui joue dans Pulp Fiction et dont l’air aussi hautin que pincé semble sacrément inspiré par l’Allemand hargneux d’Inglorious Baster’s incarné par Christoph Waltz. Même histoire pour Michael Madsen (Joe Cage) que l’on retrouve dans le rôle du frère de Bill dans Kill Bill, puis dans Reservoir Dog. Kurt Russel joue le super vilain dans Boulevard de la Mort. Walton Goggins incarne le personnage relou, (celui vraiment tête à claque qu’on retrouve un peu partout dans la filmographie de Tarantino) Pumpkin dans Pulp Fiction par exemple, joué par Tim Roth. Et bien sûr, ce personnage féminin, brillamment incarné par Jennifer Jason Leigh, la femme folle et sanguinaire qui prend place aux côtés des archétypes violents du réalisateur, huitième personnage, ajout de ce huitième film. Outre ces liens et parallèles, le long métrage est un petit bijou.

(L-R) TIM ROTH, KURT RUSSELL, and JENNIFER JASON LEIGH star in THE HATEFUL EIGHT.  Photo: Andrew Cooper, SMPSP © 2015 The Weinstein Company. All Rights Reserved.
(L-R) TIM ROTH, KURT RUSSELL, and JENNIFER JASON LEIGH star in THE HATEFUL EIGHT.
Photo: Andrew Cooper, SMPSP
© 2015 The Weinstein Company. All Rights Reserved.

Les plans sont beaux. La neige, le blizzard, les chevaux, le sang, les découpes, tout est esthétique. Quentin Tarantino chausse parfaitement l’ère des longs plans contemplatifs ULTRA esthétisés. La bande originale est, bien que plus discrète que ce à quoi nous étions habitués, toujours aussi juste. Les personnages sont excellents, les rôles sont drôles, les détails sont soignés et l’intrigue est rondement menée. On se laisse porter dans des jeux à suspens, à peine remués par les fréquentes pluies de sang (de toute façon on sait bien qu’on ne va pas y couper !). Les dialogues piquent et la portée de l’affaire est cruellement d’actualité.

MICHAEL MADSEN stars in THE HATEFUL EIGHT.  Photo: Andrew Cooper, SMPSP © 2015 The Weinstein Company. All Rights Reserved.
MICHAEL MADSEN stars in THE HATEFUL EIGHT.
Photo: Andrew Cooper, SMPSP
© 2015 The Weinstein Company. All Rights Reserved.

Le message sur le racisme est aujourd’hui malheureusement encore trop indispensable, la violence faite à la femme est tellement poussée qu’elle révèle ce que l’on voit, ce que l’on s’habitue à voir. Le format d’écran extralarge utilisé pour la première fois depuis 1966, le générique aux résonnances bien senties des années 80 et le temps du discours qui prend lieu juste après la guerre de sécession nous plongent dans un hors temps superbe. On ne s’ennuie pas, on est heureux. Tous les codes qui font qu’on l’aime notre Quentin sont là, c’est captivant, c’est drôle et c’est surtout, encore et toujours, significatif d’un monde où la violence nous amuse plus qu’elle nous effraie.

https://www.youtube.com/watch?v=zrG7CTNMCoo

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