Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines. A la suite d’un drame dans son entreprise une enquête est ouverte. Elle se retrouve alors en première ligne. Sa hiérarchie est bien décidée à se retourner contre elle. Emilie doit alors sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ?

Il faut mettre un « point d’arrêt à cette mode du suicide ». En 2009, Didier Lombard, PDG de France Télécom avait choqué la France par sa réaction aux nombreux suicides d’employés de son entreprise. Pour Nicolas Silhol, c’est le point de départ d’une réflexion qui le mènera à réaliser Corporate. Dans ce film il s’intéresse à la responsabilité de ceux qui font le « sale boulot ». Ceux qui appliquent les règles sans se soucier de l’humain. Son personnage principal, Emilie, fait partie de ceux-là. Après le suicide d’un de ses employés elle va devoir faire face à une enquête où tous les indices la désignent coupable. De plus en plus seule, elle se rend compte que même sa hiérarchie se retourne contre elle.

Emilie va devoir se retourner contre son patron et mentor (Lambert Wilson)
Émilie va devoir se retourner contre son patron et mentor (Lambert Wilson)

Chassez le cliché, il revient au galop

Corporate ne tombe jamais dans le jugement facile. Ce n’est pas l’histoire d’une « méchante » qui cherche à se racheter. Emilie n’est pas irréprochable. Au début, elle représente parfaitement son entreprise. Elle obéit et est réputée pour être une « tueuse ». Effacée derrière sa fonction, elle ne fait pas attention à la personne en face d’elle quand il s’agit d’appliquer des consignes. Le drame va pourtant la mettre face à ses responsabilités. Mais ses premières intentions sont purement personnelles, qui la pousseront, pour sauver sa peau, à se retourner contre son mentor et son entreprise.

Malheureusement, le film ne peut résister à quelques clichés. Avec, notamment, le personnage incarné par Lambert Wilson.Puisque son attitude influence tout au long du film la manière de réagir d’Emilie, son rôle est d’une grande importance et ses défauts ne font donc que tirer le film vers le bas. Même si l’on sent que Nicolas Silhol a voulu éviter le piège du « méchant » pur, il n’y parvient pas vraiment. Pas très subtil ni nuancé, le patron d’Emilie est un vrai salaud qui contraste avec la finesse d’écriture du personnage principal.

Tout le jeu de Céline Sallette (Emilie) passe par son regard captivant
Tout le jeu de Céline Sallette (Emilie) passe par son regard captivant

Un casting diversifié

Dans le rôle d’Emilie, le jeu de Céline Sallette passe par des jeux de regard. Elle y fait glisser toutes les contradictions de son personnage, car si Céline Sallette retient ses émotions, c’est au contraire pour les rendre plus fortes, et son personnage en sort d’autant plus puissant.

Face à elle, Violaine Fumeau joue Marine, l’inspectrice dure et juste. Son personnage est un peu trop écrit en contradiction de celui d’Emilie. Une contradiction qui n’a plus vraiment lieu d’être au fur et à mesure que leur relation évolue.  Les autres personnages secondaires sont peu développés mais apportent chacun une vision différente de ce qui arrive. De Stéphane de Groodt à l’anglais Charly Anson, le casting est aussi diversifié que les personnages qui font la vie d’Emilie.

Chaque personnage porte un regard différent sur ce qui arrive
Chaque personnage porte un regard différent sur ce qui arrive

Dans Corporate, Nicolas Silhol analyse justement les rouages d’une entreprise face à un évènement tragique. Sans juger, il s’intéresse principalement aux questions juridiques et éthiques de ce genre de situation. Un scénario maitrisé et une très forte prestation de l’actrice principale sauvent ce film souvent freiné par des clichés persistants.

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Étudiant en cinéma à l'ESRA Paris.