Critique : Colonia, un film de Florian Gallenberger

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Colonia
© Majestic / Ricardo Vaz Palma

Colonia est un fim plein d’un grand potentiel, qui peine pourtant à développer des personnages secondaires intéressants et des aspects sociologiques et psychologiques qui auraient mérité un meilleur traitement. 

1973. Chili. Daniel et Lena forment un jeune couple de militants opposé à la prise de pouvoir par la force du général Pinochet. Manifestations dans la rue, photographies dénonciatrices… Daniel finit par être arrêté par la nouvelle police politique et se retrouve envoyé dans une prison secrète, cachée dans un lieu reculé dirigé par un ancien nazi. Ce lieu secret, appelé Colonia Dignidad est en fait le repère d’une secte dont personne ne peut s’échapper. Lena va la rejoindre pour sauver son compagnon, malgré le risque qu’elle prend de ne jamais s’en sortir…

Colonia
© Majestic / Ricardo Vaz Palma
Une réalisation et un casting maladroits

Florian Gallenberger savait ce qu’il faisait en faisant d’Emma Watson et Daniel Brühl ses têtes d’affiche. Attirer du monde avec deux beaux et grands acteurs aurait pu être une stratégie fine, si elle n’avait pas été faite au détriment du scénario et de têtes secondaires. Emma Watson ne brille pas dans ce rôle qui ne la met pas en valeur, tantôt jeune biche apeurée en contre plaqué puis sauveuse revancharde sans grandes aspérités. Ses mimiques du début ne convainquent pas même son jeu finit heureusement par s’améliorer, secondé par un Daniel Brühl moyennement convaincu. On a du mal à y croire, ce qui est d’autant plus dommage sachant que le réalisateur a fait le choix de faire de la relation qui unit les deux protagonistes le coeur de cette fiction inspirée de faits réels.

Colonia : Un potentiel mal exploité

Des faits réels qui auraient mérité tenir une place plus grande dans la réalisation du film. La Colonia Dignidad était une colonie agricole, fondée en 1961 par les allemands au Chili, qui viendra en aide à la dictature de Pinochet pour l’aider à torturer ses opposants politiques. Elle s’éteindra en 1991, en même temps que le régime dictatorial, et son directeur, Paul Schäfer, nazi pédophile qui abusait des enfants sur la colonie, ne fût arrêté qu’en 2005 par les autorités Argentines. Ce pan de l’Histoire incroyable est malheureusement très peu mis en avant par le réalisateur, qui préfère tourner la caméra vers la romance épique des deux protagonistes plutôt que vers la psychologie tordue d’un Paul Schäfer complètement détraqué, interprété par un Michaël Nyqvist tout à fait génial dans son rôle d’illuminé manipulateur et psychopathe. Les tenants et aboutissants qui régissent la vie à la colonie sont rapidement abordés, sans jamais aucun approfondissement ou éclairage intéressant. Dommage, pour un sujet aussi passionnant que celui-ci…

Colonia
© Majestic / Ricardo Vaz Palma

On regrette très fortement que Colonia n’ait pas su se concentrer plus sérieusement sur les aspects psychologiques, politiques et sociologiques de son sujet, qu’il finit par réduire à une histoire d’amour clichée bringuebalée par les courants de l’injustice… On retient pourtant la prestation géniale de Michaël Nyqvist et des personnages secondaires, notamment celui de la tenancière du travail des femmes, interprétée par une brillante Richenda Carey.

https://youtu.be/NN6EHlJiAdg

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