American Sniper adapte la vraie histoire du soldat texan Chris Kyle, tireur d’élite des Navy SEAL envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits sur se multiplient, il décroche le surnom de «La Légende». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et il devient une cible privilégiée des insurgés. En rentrant au pays, Chris Kyle prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale, malgré la présence de son aimante famille. Célèbre pour avoir abattu plus d’une centaine d’ennemis lors de quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre d’Irak, Chris Kyle est assassiné le 2 février 2013 par un vétéran de la guerre qu’il essayait d’aider.

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Certains diront que le cinéma est un divertissement avant tout, et que sa fonction principale n’est pas nécessairement de se positionner en tant critique de l’Histoire. D’autres défendront le cinéaste, citant comme argument principal la riche filmographie de ce dernier, qui, du haut de ses 84 ans, n’a probablement plus rien à prouver à personne. Quoi qu’il en soit, les aficionados des films très audacieux de Kathryn Bigelow (Démineurs, Zero Dark Thirty) et autres fervents défenseurs de l’art comme média politique risquent d’être déçus par American Sniper, bien qu’il crée la polémique avant même d’avoir pris d’assaut les salles françaises.

Si l’on peut déjà parler d’un grand retour au sommet du box-office pour le réalisateur de Gran Torino tant son nouveau film cartonne aux États-Unis, Clint Eastwood minimise les «vraies» prises de risque narratives. Seul moyen d’apprécier American Sniper : l’envisager comme un drame additionnel à toute l’œuvre du cinéaste, telle la pièce manquante d’un immense puzzle.

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Relativement républicain, American Sniper comporte certaines scènes s’apparentant presqu’à de la propagande gouvernementale tant le rapport aux armes et aux actes barbares des soldats n’évoque que de l’indifférence pour le héros. À la rigueur, le fait que le film soit, quelque part, une certaine ode à la guerre, n’a pas grand-chose de surprenant. Après tout, Clint Eastwood n’a jamais caché ses orientations politiques, d’autant plus qu’il adapte ici un livre autobiographique.

Justement, en alternant systématiquement les séquences de guerre en Irak – sous tension et réussies – avec celles des allées et venues de Chris Kyle aux États-Unis, Clint Eastwood s’applique plus à raconter l’histoire d’un homme, accessoirement celle d’un soldat américain d’exception, qu’à compléter les archives cinématographiques de guerre. À coups de flashbacks pas toujours très utiles au développement narratif, le spectateur assiste à la rencontre du héros et de sa femme, leur premier rendez-vous, leur mariage, leur premier enfant, leur vie de famille…Impossible de se tromper: American Sniper est un biopic en tous points. Le père de Chris Kyle avait bien mis en garde le réalisateur qu’il tenait à ce que la mémoire de son fils soit absolument respectée. Autant dire qu’à ce niveau là, le contrat est rempli comme il se doit.

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Néanmoins, le réalisateur réussi à filmer une certaine noirceur : celle de la déshumanisation du soldat, pour qui, après la guerre, le retour à la normale est presqu’impossible. On saluera également la direction d’acteur de Clint Eastwood. Nommé pour l’Oscar du meilleur acteur, Bradley Cooper, méconnaissable,  s’illustre ici dans sa meilleure performance dramatique.

Dans les salles françaises le 18 février 2015

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