A Berlin en 1946, le procès de Wilhelm Furtwängler -grand chef d’orchestre de la Philarmornie- s’ouvre. Il est accusé d’avoir pactisé avec le régime Hitlérien de l’époque. Le commandant américain en charge du dossier d’instruction est bien décidé à connaitre la vérité.

Lors du procès qui le convoqua devant les grandes instances, on reprocha à Wilhelm de ne pas avoir quitté l’Allemagne d’Hitler, et d’avoir continué à y jouer des concerts en sa présence. Celui-ci se défend de toute connivence avec le parti en justifiant l’amour de son pays et la dévotion pour son art : la musique. L’homme a t-il réellement été impliqué ? L’accusation est-elle solide ? Qui à tort, qui à raison ? Telles sont les questions que se posent le spectateur face à cette confrontation brutale dont ils ressortent -malheureusement- sans réponse. Une force qui se transforme en frustration.

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Malgré un texte brillant -par Ronald Harwood, scénariste du film Le pianiste- la confrontation entre ces deux hommes, tourne vite en rond. On l’a bien compris deux camps s’opposent, s’en jamais s’écouter. Le commandant, campé par un homme brut, rigide, hanté par les souvenirs des camps de concentration cherche à tout prix un coupable. Pour cela il n’hésite pas à humilier le musicien pour le faire parler. Pourtant il se heurte à un mur en la personne de Wilhelm qui campe sur ses positions et nie toute relation avec les nazis. Les deux hommes répètent à l’infini -à celui qui crie le plus fort, qui pousse l’autre le plus loin- les mêmes arguments. Des personnages qui s’ancrent dans des positions et qu’Harwood peine à faire évoluer.

Michel Bouquet -véritable star du spectacle ?- incarne avec fragilité Wilhelm, meurtri dans une colère intelligemment traduite par ses attitudes crispées, yeux baissés et éclats de voix tremblants. Dans un décor classique de scène d’interrogatoire, il apparait caché derrière son long manteau manteau noir, chapeau sur la tête, toujours impressionnant. Face à ce mastodonte du théâtre, le commandant, interprété par Francis Lombrail parait un peu caricatural malgré une énergie qui porte la pièce. Malheureusement insuffisante pour faire tenir le suspens pendant environ 2 heures.

Entre passages d’émotions et ennuis, l’impression est mitigée.

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