Concert : Half Moon Run à La Cigale

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Après un concert remarqué le 7 mars au Chabada pour présenter son nouvel album « Sun leads me on », le groupe canadien Half Moon Run a poursuivi sa tournée hexagonale en investissant la cigale vendredi 11 mars. Tête d’affiche indie-rock très attendue, le quatuor énergique a tenu ses promesses en donnant un concert vibrant, efficace et enthousiaste malgré un début lisse et calculé.

Aidan Knight © Julie Albesa
Aidan Knight
© Julie Albesa

En première partie, on découvre le délicat et très bon parolier Aidan Knight (& his band). Présence discrète du chanteur et des musiciens, puissance délicate aux douces tonalités. Le groupe a profité de cette première partie pour partager son nouvel album, « Each other ». Un joli mélange de pop et de synthés mélancoliques, léger rappel des Tame Impala en dépression, de l’électronique des Beach house aussi, et d’une touche de folk plaintive surplombée par la petite voix d’Aidan Knight. Petite voix qui ne se fait pas oublier pendant le show, mise en valeur par des instruments discrets malgré leur proximité. Une prestation sympathique, molle parfois, délicate souvent ; léger calme avant la tempête montréalaise.

© Julie Albesa
© Julie Albesa

La transition est efficace puisqu’entre la fin du show d’Aidan Knight et l’arrivée d’Half Moon Run ne s’écoulent que 20 très courtes minutes. Pile le temps d’aller boire un verre et de creuser sa place dans la foule. Un, deux, trois, quatre, Devon (chant, guitare et percussions), Dylan (chant, batterie et clavier), Conner (Chants, guitare et clavier) et Isaac (chants, percussions, mandoline, clavier et guitare) prennent tranquillement place sur scène et démarrent le show sans préavis. Un peu brusque, un peu rapide, allons y ? Décollage lent avec la ballade « Warmest Regards », première chanson du nouvel album « Sun leads me on » qui ne se prête pas vraiment aux effusions passionnelles : On remue tranquillement la tête, en attendant que les musiciens apparemment plongés dans une léthargie mystérieuse se réveillent un peu. Hourrah ! On se réjouit d’entendre les débuts de « Turn your love » dont les accents plus rock et nerveux devraient nous sortir efficacement de ce sommeil artificiel. Raté. C’est énergique, c’est chanté juste, c’est joué juste, mais qu’est-ce que c’est mécanique ! On s’ennuie, et c’est dommage vu la qualité de la chanson et de son potentiel scénique.

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© Julie Albesa

On reprend un peu de couleurs avec l’interprétation d’ « It works itself out », pourtant plus sombre que la précédente. Les changements de lumière y sont sûrement pour quelque chose, se substituant à une ambiance lumineuse restée jusqu’ici plutôt statique. Les musiciens multi-instrumentistes profitent de ce mouvement pour varier les plaisirs. Ca devient plus agréable, jusqu’à ce que la mécanique revienne écraser ce début de spontanéité. Devon Portielje commence à s’avancer vers le public mais il s’arrête en plein mouvement pour enchaîner sur « Hands in the garden » : on se sent légèrement malmenés ! Pourtant la qualité du show commence à s’améliorer, les basses se font oublier, l’harmonica maîtrisé par Conner Molander insuffle une petite once de vitalité qui va permettre de faire repartir le groupe.

© Julie Albesa
© Julie Albesa

Ca y est, on commence à s’envoler avec l’interprétation justement dosée d’ « I can’t figure out what’s going on ». Ca s’agite dans la foule, ca se détend sur cette scène, on commence à être en famille. On chante en choeur, et ça continue de plus belle sur « Call me in the afternoon », première interprétation d’une chanson de « Dark eyes » : Devon Portielje se met aux percussions, le clavier s’affirme, la batterie s’emballe et les voix s’emportent. Le public s’anime et suit en rythme. Une harmonie qui vivifiera tout le reste du concert. On reste bouche bée devant les montées aiguës qu’est capable de tenir sans ciller Devon Portielje sur « Drug you», devant cette voix qui devient celle d’un crooner éthéré sur « Need it » et que l’on retrouve plus country sur la très connue « Devil May Care », interprétée en acoustique par Devon Portielje et Isaac Symonds à la mandoline. Premier rapprochement scénique, les deux interprètes embrassent le micro ensemble et se libèrent de plus en plus de tout calcul scénique.

Half Moon Run © Julie Albesa
© Julie Albesa

On continue sur cette douceur subtile avec la folk d’« Everybody wants », pour changer rapidement d’ambiance avec la plus électronique mais non moins douce « The Debt ». On repart sur « Dark eyes » et la plus rock « She wants to know ». Tout le monde se lâche, le groupe qui prend confiance, le public qui reconnaît ses artistes… Un battement de cœur à l’unisson. Rythmée par la batterie qui s’octroie un joli solo, « Consider yourself » est accueillie joyeusement grâce à son énergie communicative et ses légèretés pop. Pas le temps de respirer, on revient à un son plus électronique sur « Trust », dernière chanson de « Sun leads me on ».

Adan Knight et Devon Portielje © Julie Albesa
Adan Knight et Devon Portielje
© Julie Albesa

Les joueurs s’en vont, reviennent, choisissent « Full circle » (bande annonce d’Assassin’s Creed IV : Black flag) pour leur reprise et réjouissent les fans qui comprennent en hurlant que le show touche à sa fin. Terminé, rideau. Le jeune quatuor rejoint les coulisses. Hurlements, battements de pieds : la foule n’en a pas eu assez. Qu’à cela ne tienne, le quatuor revient accompagné d’Aidan Knight et de son groupe pour interpréter à 7 une chanson du groupe « The band ». Les sourires ne quittent pas les lèvres du public, les musiciens se lancent des défis sur scène, poussant le jeune trompettiste d’Aidan Knight à se lancer dans un solo de trompette éprouvant… Un esprit joyeux, bon enfant et communicatif qui traverse la salle comme un courant électrique : jolie osmose finale. On se souviendra de ce vibrant concert éclectique, tout à l’image du dernier album très réussi du groupe montréalais .

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