Le cinéma et la création sont les thèmes du nouveau roman de Nathalie Azoulai. Sous les traits de Claire Ganz, la romancière questionne la réalisation, le désir de création et l’aboutissement d’un projet.

Claire Ganz est une cinéaste de renom, connue pour ses films exigeants qualifié de cinéma d’auteur. « Clic-clac » est le titre de son nouveau projet, elle va tant bien que mal tenter de réaliser cette scène qu’elle passe et repasse dans son esprit. A grand renfort de références, elle essaye de faire comprendre à ses acteurs quelle vision pour ce film impossible elle veut.

Sous l’égide de la mère

La réalisatrice a perdu sa mère, avec qui le rapport était conflictuel et pourtant, ce film se veut comme un hommage. Mais un hommage qui semble impossible. Tout le long du roman, la réalisatrice veut faire jouer à ses acteurs la fin de l’amour, quelque chose qui s’efface comme ce son rapide « clic-clac ».

« Ma mère a toujours aimé les mélos.  C’est un souvenir obsédant, devenu douloureux. » Entrecoupé de souvenirs de Claire ainsi que d’anecdotes, elle raconte son film et son idée à ses acteurs. La tentative de création est au cœur de ce roman, avec l’impossibilité de créer. C’est une marche vers l’avant empêchée que décrit Nathalie Azoulai, même si l’envie est très présente, la réalisation n’avance pas.

L’auteur pousse la métaphore jusqu’à la blessure physique qui sonne comme un coup de glas dans la production de ce film. « Le but ce n’est pas de faire du cinéma, mais son cinéma ». 

Le prisme du cinéma

La réalisatrice a décidé que ce film serait un mélodrame, une première fois pour elle, dans l’optique de cet hommage à sa mère. Elle traverse les références avec trois films cultes, qui se sont inspirés les uns et les autres, et qui portent le film : Nos plus années de Sidney Pollack, La fièvre dans le sang de Elia Kazan et Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. De cette écriture enlevée, on découvre une analyse de ces trois films liés les uns aux autres comme la réalisatrice voudrait lier le sien à eux.

« Une scène pliable, clic-clac. Dire, c’est tout, fini, terminé. Cut. » Ainsi avec ce roman, le lecteur traverse les stades de la création. De la réflexion jusqu’à son impossible conception. Porté par ce personnage froid et distant dont la réalisation de cette scène l’obsède jusqu’à l’aboutissement.

Un roman sur l’impossibilité de créer, d’une écriture crue et enlevée, Clic-Clac est le nouveau roman de Nathalie Azoulai.

« Clic-Clac », Nathalie Azoulai, Editions P.O.L, 192 pages, 17 euros

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