Après la sidération dans laquelle la mort de George Floyd a plongé l’Amérique et le monde tout entier, est venu le moment de la protestation. Les marches Black Lives Matter s’organisent pour dénoncer le racisme systémique qui tue encore ceux qui ont le malheur de naître noirs dans des pays gouvernés par des blancs.

Réalisés par des cinéastes noir.e.s, ces films et documentaires interrogent sur les mécanismes d’un racisme qui ne s’est toujours pas éteint. Car sûrement que c’est le rôle principal de la culture : conscientiser, sensibiliser à des réalités que l’on a le privilège de ne pas connaitre, mais aussi ne pas oublier.

  • Si Beale Street pouvait parler de Barry Jenkins, 2018
2018 Annapurna Releasing, LLC.

C’aurait pu être une histoire comme tant d’autres. Une belle histoire d’amour entre un homme et une femme encore épris de la vie. Mais c’était sans compter l’injustice de la société américaine des années 70. Accusé d’un viol qu’il n’a pas commis, Fonny se retrouve en prison alors que Tish est enceinte de lui. Au fil du récit construit en flash backs, on comprend les motifs absurdes de son arrestation. Au-delà de la critique sociale, cette adaptation du grand James Balwin, poète et écrivain afro-américain incandescent, offre une esthétique délicate et particulièrement touchante au Harlem des années 70.

Disponible en vidéo à la demande ici 

  • I am Not Your Negro de Raoul Peck, 2016
Magnolia Pictures

Une autre adaptation d’une œuvre de James Baldwin, cette fois sous la forme d’un documentaire qui retrace les luttes sociales des afro-américains. Au fil des photos et extraits vidéo, choisis avec soin et montés avec rythme, on se se replonge dans le combat de trois figures des droits civiques, Marthin Luther King, Malcolm X et Medgar Evers (membre de la National Association for the Advancement of Colored People, NAACP), tous les trois assassinés. Fruit d’un travail de 10 ans, auréolée du César du meilleur documentaire en 2018, l’œuvre questionne, au regard de ces trois destins mêlés, la recrudescence actuelle des violences envers les noirs américains. Puissante et radicale, la plume de Baldwin apporte une profondeur aux témoignages historiques comme aux images plus récentes du début du mouvement Black Lives Matter.

Disponible gratuitement sur ARTE jusqu’au 12 juin ici

  • Do the Right Thing de Spike Lee, 1989
Universal Pictures

Spike Lee est l’une des principales figures militantes noir-américaines du cinéma. Premier afro-américain nommé président du jury du festival de Cannes en 2020, il s’offusque du manque de diversité dans la culture et milite pour la mise en place de quotas pour la cérémonie des Oscars. Ses films sont tout à la fois des plaidoyers puissants et des comédies mordantes. C’est le cas de Do the Right Thing, tableau d’un quartier de Brooklyn à majorité noire plongé dans la canicule estivale. Les tensions s’exacerbent dans la pizzeria de Pino qui refuse d’afficher des figures afro-américaines sur son mur des célébrités, et tout le quartier s’insurge. Depuis sa mobylette, Mookie, livreur de pizzas interprété par le réalisateur, est témoin de la violence policière et des tensions interraciales croissantes.

Disponible en vidéo à la demande ici 

A noter : le dernier long-métrage de Spike Lee, Da 5 Bloods, sera disponible sur Netflix le 12 juin.

  • Ouvrir la Voix de Amandine Gay, 2017
Bras de Fer


Dans un décor expurgé jusqu’à de ses couleurs, sans voix-off, dans une simplicité totale, 24 femmes noires s’expriment. Devant la caméra d’Amandine Gay, elles racontent les discriminations dont elles ont été victimes, à la fois en tant que femmes et en tant que noires, par des blanc.he.s ou par des noir.e.s. Des thématiques aussi diversifiées que l’invisibilisation, les insultes, la représentation artistique, la dépression et l’hypersexualisation sont présentées, toujours depuis des perspectives et des expériences intimes.

Disponible en vidéo à la demande ici

  • 12 years a slave de Steve McQueen, 2013
Mars Distribution

En une nuit, un homme respectable devient esclave. Telle est l’histoire vraie de Solomon Northup, citoyen noir de 33 ans, marié, parent de deux enfants, musicien, que des contrebandiers kidnappent et livrent à un navire négrier. Devant la caméra du réalisateur et plasticien noir Steve McQueen, ces douze ans de vie éclatent dans toute leur cruauté : on ne nous épargne ni les coups de fouet qui détruisent les corps, ni la perversité des maîtres, ni les espoirs vite éconduits du protagoniste qui passe de propriétaire en propriétaire, au fil de leurs arrangements et sauts d’humeurs. Les plans séquences, marques de fabrique de McQueen, nous enferment avec le personnage dans la dureté parfois insoutenable des scènes, plaçant l’esthétique au service du récit qui se veut au plus près du réalisme.

Disponible sur Netflix