De retour sur scène, Brigitte célèbre son quatrième album et ses dix ans de carrière par cinq dates à l’Olympia. Ensorcelantes et touchantes, nous revenons sur un grand moment de complicité entre le duo et son public. 

Cela fait déjà dix ans que Sylvie Hoarau et Aurélie Saada nous enchantent avec leur voix. À ce stade de leur carrière, alors qu’il apparaît que l’on ne pourra plus jamais se passer du duo, cette semaine d’Olympia était aussi rare que méritée. Première dates parisiennes pour la tournée de Nues, ce fut également l’occasion pour elles de marquer d’une pierre blanche cette première décennie brigitienne.

Nues, la tournée : Brigitte à nue(s)

Sorti en novembre dernier, Nues est le quatrième album du duo. Depuis 2008, Brigitte nous a converti à sa pop sucrée et sexy avec des titres comme « Battez-vous » ou l’incoutournable « À bouche que veux-tu ». Avec ce nouvel opus où l’on on découvre des titres beaucoup plus tournés vers l’émotion voire la mélancolie, les deux sirènes de la scène française montrent qu’elles peuvent encore nous surprendre. Le titre « Palladium », qui est déjà dans toutes les têtes, ouvre le bal avec un texte dont la complicité qui en ressort ferait pâlir d’envie n’importe quel duo. « Le goût du sel de tes larmes », dédié à leurs filles, à toutes les filles, met en avant leur fragilité autant que leur volonté de rester des femmes fortes, des piliers ; mais les titres le plus touchants reste « Mon intime étranger » et « Carnivore », textes poignants dédiés à un père absent et un mari infidèle. Pourtant, si les deux femmes se dévoilent un peu plus sur leurs émotions dans ce nouvel opus, cela ne nous empêche pas de retrouver dans Nues l’espièglerie que l’on aime tant chez le duo avec d’autres titres comme « La baby doll de mon idole » ou « La morsure », ce dernier apportant sa dose d’exotisme à l’album, et leur douceur avec « Tomboy manqué ».

©SophieEbrard

Enchanteresses à l’Olympia

« Reine, sirène, invincible et sereine ». Jamais leur texte ne les décrira aussi bien que sur la scène de l’Olympia. Dans un décor à mi-chemin entre Grèce antique et Inde, entourées d’un immense crâne de boeuf sacré, de colliers de fleurs, de serpents et de colonnades, deux nymphes en longues robes blanches font leur entrée. Symbiose parfaite, danses envoûtantes, Brigitte nous jette un sort pour deux heures de concert. Elles nous arrachent beaucoup de sourire, des rires, mais aussi, lors de la dernière date à l’Olympia, quelques larmes pendant de la session émotion du concert où le duo reste seul en scène. Au final, elles échangent peu sur scène et n’en n’ont pas vraiment besoin : complicité et émotions nous parviennent sans filtre. On se laisse tantôt emporter, tantôt cajoler par l’union de la voix grave et profonde d’Aurélie, et le timbre cristallin de Sylvie. Et, lorsqu’il faut faire asseoir tout l’Olympia pour l’ultime chanson, « Palladium », alors que des pétales virevoltent tout autour du public, cela paraît presque naturel. Une chose est sûre, cette semaine restera gravée dans la mémoire du duo et de son public parisien. On tire également notre chapeau à Ornette qui a ouvert le bal pendant ces cinq jours et que nous avons déjà croisé pour de nombreuses premières partie comme celle de Brigitte en 2014, mais aussi Yael Naïm, Arthur H et la Grande Sophie.

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