Aujourd’hui, ne vous y trompez pas, on ne parlera pas du vieil historien américain Daniel Boyarin. Des rappels d’Ennio Morricone, des touches éthérées à la Blonde Redhead… Un roman de Boris Vian mis en musique ? Plutôt le nouvel album magique, mystérieux et enchanteur de Boyarin, qui sortira le 8 avril : un projet comme, on vous l’assure, vous n’en avez jamais entendu !

Un ordinateur et deux guitares, un projet financé par des fans, 12 titres d’1 à 9 minutes : recette simple pour plat compliqué. Avec Fungus, la première chanson de l’album, on comprend rapidement l’étrangeté de ce phénomène made in France. Des tonalités enfantines, des synthés sombres, une mélancolie enchanteresse… On est transportés dans un monde inconnu qui se situerait entre un anime japonais, Les orphelins Baudelaire de Lemony Snicket, une clairière dans la forêt, Mario Kart et Le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro. Sublime étrangeté. Avec Emergency exit, on est bringuebalés dans une église fastueuse, on écoute des clavecins éprouvés, des orges désenchantés. Une musique aussi moderne que moyen-âgeuse, une voix tremblée et haut perchée qui nous transporte dans un temps sans temps. Boyarin conjure le fantôme de Bach et tire à ses côtés les cartes d’une pop aussi bigarrée qu’apothéotique.

La cover de l'album
La cover de l’album

Chaque chanson de l’album est empreinte de cette ambiance de conte baroque et fantastique qui tisse tranquillement sa toile dans nos esprits confondus. Tranquillement, parce que l’esthétique sonore est fluide; impétueusement surtout, parce que derrière cette douceur se cache un tourment surprenant. Des accents psychédéliques de Progénitures aux tonalités troubadouresques de Rafflesia, des culs de sac d’Impossible corners aux éclairages diaphanes d’Useless lights, il est impossible de sortir indemne de l’écoute de cet album. Il retourne la tête, secoue les entrailles, dévore les tympans et remue les humeurs. Encore mieux qu’une psychothérapie, une véritable catharsis ! Folie labyrinthique, délire sorcier, on pourrait remplir des bibles avec la logorrhée laudative provoquée par cet alien musical.

MoutonsDouble (1)
© Julie Rochereau

On est frappés par le sort de ce magicien qui danse dangereusement sur la ligne qui sépare Gandalf de Saroumane, Dumbledore de Voldemort et la gentille sorcière du Nord de la méchante sorcière de l’Ouest. D’un coup de baguette électronique et organique, il crée une dimension parallèle où se côtoient biches atrabilaires, nains survitaminés et fées bienveillantes : un artiste qu’on inviterait volontiers à venir faire la bande son de nos rêves les plus singuliers !

Pour vous donner une idée, « Useless lights » est déjà en écoute libre sur le band camp du groupe français : https://boyarin.bandcamp.com/track/useless-lights-2

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Rédactrice en chef de la section cinéma - Amoureuse de grands espaces, de cinéma et de littérature, je parle beaucoup mais je parle culture !