Jusqu’au 13 juin, au fond de la rue des Arquebusiers, se cache le délicat travail d’Alix Waline. Avec l’appui de la maison d’édition Impression Parisienne, elle nous amène dans un univers doux où le papier, matériau presque banal, frôle l’extraordinaire.

Impression parisienne, vue d’exposition

Le travail d’Alix Waline, plasticienne française, est habituellement dévorant. La délicatesse de sa touche s’étend sur les murs en de sublimes abstractions aux influences pointillistes. Noires et blanches, ces toiles hybrides que tous supports hébergent, sont aujourd’hui lovées dans du papier. Mais, à la différence des dessins au calme japonisant qu’elle a l’habitude de faire, la méthode travaillée ici est presque onirique.

Sensualité lunaire

La technique de gaufrage que propose la maison d’édition Impression Parisienne pousse les artistes embarqués dans cette aventure, à explorer de nouveaux horizons de création. En chauffant le papier, en le plaçant dans une machine, à l’image de ce qui est possible en terme de gravure, le papier se surélève, se creuse, il prend forme. Le motif semble sortir de son matériau.

Alix Waline, par cette méthode qu’elle utilise pour la première fois, modèle un papier jadis lisse. Le graphisme et l’idée de perspective que la succession de points impliquaient, est souligné, renforcé. Les blancs se déclinent et se nuancent, profitant parfois seulement de l’ombre que les renforcements et les surélévations révèlent. Ces papiers semblent avoir été frottés sur un sol lunaire, leur référant une sensualité presque minérale. Le papier s’imagine granite et efface les frontières du dessin. Il devient sculpture. Ce modelé, l’artiste a choisi de l’incorporer dans des installations. Des panneaux de soies froissées contrastent avec la douceur des points minutieux, un pan de papier fin a été finement troué et un paravent fait se jouxter relief et planéité.

Ces formes et ces teintes, caressantes et légères pourraient être celle de la peau, une peau d’art graphique que le temps et l’espace n’ont jamais réussi à emprisonner.

G : HURRICANE, 2017 – D : BREATH, 2017

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Déluge, Alix Waline & Impression parisienne, jusqu’au 13 juin 2017
Galerie Artligue, 9 Rue des Arquebusiers, 75003 Paris
Entrée libre
Toutes les estampes de l’exposition sont à retrouver sur le e-shop : ici.