Révélation du spectacle Un Eté 44, Barbara Pravi prend son envol en 2018 avec un premier EP éponyme. Sa « pop à texte » s’écoute avec plaisir en ce début d’été, et confirme le potentiel de la jeune auteure-interprète de 24 ans. 

Pour fêter la sortie de son premier EP éponyme, Barbara Pravi était en concert ce 28 juin aux Etoiles à Paris, à quelques centaines de mètres du café où, il y a cinq ans à peine, elle travaillait en tant que serveuse. Depuis, la jeune artiste a incarné Solange dans la comédie Musicale Un Eté 44 et bluffé tout le monde avec son interprétation magistrale de Seulement connus de Dieu, une chanson signée Charles Aznavour et Claude Lemesle. Remarquée et acclamée, la jeune femme a poursuivi son rêve, épaulée par son manager Valery Zeitoun et ses complices musicaux : Jules Jaconelli, aux mélodies et arrangements, mais aussi Wladimir ParienteTomislav Matosin, Jim Bauer, Sébastien Rousselet ou encore Pierre Grillet et Virginie Lesdemia. Après une tournée en première partie de Florent Pagny, c’est désormais sur une scène bien à elle que Barbara s’est avancée ce 28 juin dernier, pour livrer à son public ses chansons et ses fêlures, qui composeront son premier album à venir.

Barbara Pravi, ®Yann_Orhan

Des chansons autobiographiques

Désormais signée chez Capitol, Barbara Pravi écrit et chante une « pop à texte » inspirée de sa vie. On y croise un courageux grand-père serbe, Deda, débordant d’amour et de silences, ou encore un premier amour déçu, Louis, une femme mystérieuse, Sarah, mais aussi quelques blessures enfouies, un Malamour, ou des souvenirs de jeunesse, avec Saint-Raphaël et Je Sers.

Il y a aussi la Barbara Pravi engagée, qui n’a pas peur de s’attaquer, avec Tomislav Matosin, à la réécriture de Kid d’Eddy de Pretto, pour en livrer une version féminine poignante et réussie. Son premier single Pas Grandir s’inscrivait déjà dans cette volonté de défendre la cause des femmes et la liberté de rêver, de s’écarter des lignes déjà tracées.

Une interprète sensible

Ce n’est pas pour les textes parfois maladroits de Pas Grandir ou On s’éveillera, ni pour la ballade démodée L’Automne avant l’Heure, en duo avec Calum Scott, que l’on aime Barbara Pravi. C’est pour la mélodie merveilleuse et les mots sensibles et déchirants de Louis, pour l’histoire touchante de Deda, les notes et les paroles ensoleillées de Saint-Raphaël, la thématique de la serveuse automate habilement revisitée dans Je Sers et surtout, son incroyable générosité en live, que Barbara Pravi nous enchante.

Un talent d’interprète qui gagnerait à s’exprimer sur des arrangements plus organiques et subtils, moins variété-pop. D’ailleurs, Barbara n’est jamais aussi émouvante qu’avec pour simple accompagnement un piano ou une guitare. La mélodie lumineuse de Deda n’est jamais plombante, et même Saint-Raphaël aurait gagné à être un peu moins électro et plus acoustique.

Ce soir-là aux Etoiles, Barbara Pravi s’avance la boule au ventre et les yeux qui brillent. Au fil de la soirée, le stress fait place au plaisir visible et communicatif de chanter, de partager son histoire, et cet univers qu’elle a doucement bâti. Des frissons parcourent la salle sur Louis, Le Malamour ou Kid, la reprise d’Eddy de Pretto brillamment réécrite. Pour agrémenter ce live néanmoins poli, une reprise de Qui de nous deux de M et un numéro de claquettes en rappel nous confortent dans l’idée que Barbara Pravi s’inscrit dans la veine d’une pop française commune, avec un talent particulier. Ce talent, ce serait d’abord cette voix unique, toujours juste et chargée d’émotions, ce regard droit qui embrasse nos âmes sans ciller, et cette passion palpable, communicative qui nous laisse admiratifs.

Nul doute qu’il faudra désormais compter sur Barbara Pravi pour illuminer la variété d’antan avec des mots d’aujourd’hui.

Barbara Pravi, EP éponyme disponible depuis le 15 juin 2018.
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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.