De retour en juillet dernier avec son troisième album, sobrement intitulé III, la chanteuse américaine BANKS était de passage à Paris au Trianon ce 21 novembre 2019. Nous y étions.

La « princesse du dark RnB » que certains journalistes américains comparent à Aaliyah, Ellie Goulding ou encore The Weeknd (dont elle a assuré les premières parties en 2013 et 2015), achevait la tournée européenne de son album III ce 21 novembre 2019 à Paris. L’occasion pour Jilian Rose Banks, 31 ans, de se faire pardonner l’annulation de son Olympia en 2017, qui avait laissé les fans perplexes et déçus.

Cette fois-ci, BANKS est bel et bien là, vêtue d’une belle jupe fendue et accompagnée de deux danseuses pour livrer un show sensuel, électrique et émouvant.

Des musiques efficaces en live

Après une première partie assurée par la jeune Islandaise Glowie, que nous avions eu le plaisir de rencontrer à l’occasion de la sortie de ses premières chansons au printemps dernier, l’Américaine entre en scène pour entonner Till Now qui ouvre aussi son album III. Un morceau électronique court reposant essentiellement sur un travail des voix et des programmations. Une parfaite introduction à son univers RnB intimiste et puissant, mâtiné de pop et d’électro. Le fait qu’un claviériste-programmateur et un batteur accompagnent la voix sur scène apporte une touche de chaleur et des vibrations qu’une simple bande instrumentale n’aurait pu apporter… 

Après cette introduction remarquable qui semble annoncer le meilleur pour la suite, la chanteuse enchaîne non pas avec l’incandescent et très attendu Gimme comme sur le disque, mais Fuck with myself tiré de son album précédent The Altar. Tout au long de la soirée, BANKS opérera ainsi des allers-retours entre les différentes ères de sa carrière musicale, de son premier opus Goddess en 2014 à III, en passant par le sublime The Altar dont sont extraits les excellents Gemini Feed ou Poltergeist, épatants en live.

La performance et l’émotion

Le show est très bien rôdé : jeux de lumières et couleurs vives, chorégraphies maîtrisées… Serait-ce une manière pour la chanteuse réputée à fleur de peau de surmonter sa timidité, sa fragilité ? Tout semble écrit, coordonné, balisé pour que BANKS ne se laisse pas submerger par l’émotion, ce qui lui arrive pourtant l’espace d’un instant lorsque, face à l’engouement du public qui scande son amour et lui adresse des dizaines de mots doux, elle détourne le regard, visiblement touchée, émue. Elle reprend alors directement en récitant le poème, magnifique, qu’elle a écrit au moment de l’album III : Ode to the Grey Zone.

Le spectacle est ainsi marqué par ce balancement entre moments intimes, comme lorsque BANKS interprète seule  sur des arrangements épurés la ballade If we were made of water, et des instants éclatants à l’américaine comme sur Godless ou Propaganda. Un parfait équilibre se dessine alors au fil du show qui gagne peu à peu en sincérité, à mesure que la chanteuse s’écarte des lignes qu’elle s’est tracée et prend conscience que le public lui est totalement acquis, chantant chaque parole ou presque.

BANKS répète alors combien elle est heureuse d’achever son tour ici… Les dorures du Trianon se souviendront probablement longtemps de ce show rondement mené, qui a largement dépassé nos attentes. Chère BANKS, te voilà tout à fait pardonnée. Reviens, s’il te plait.

Banks

Banks, album III disponible.
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