Pour la septième année consécutive, le Festival Fnac Live Paris a pris ses quartiers d’été au cœur de la capitale, du 6 au 8 juillet 2017. Dans le petit salon de l’Hôtel de ville, nous avons assisté au concert de Juliette Armanet, Albin de la Simone et Rover. Magique.

Cette année, le Festival Fnac Live Paris affichait encore une programmation de haut vol, avec notamment Benjamin Biolay, Julien Doré, Camille, Julien Clerc, Cassius, mais aussi beaucoup de jeunes talents comme Fishbach, The Pirouettes, Tim Dup, Clara Luciani ou encore Polo & Pan. Le but de ce festival entièrement gratuit ? « Ouvrir les portes de la culture en grand, les ouvrir à tous les publics, les ouvrir à tous les talents », d’après le PDG de Fnac Darty, Alexandre Bompard. Pour ce faire, 28 concerts se sont une nouvelle fois déroulés dans deux ambiances bien distinctes : électrique sur la scène du parvis de l’Hôtel de Ville, face à 25 000 festivaliers, et plus intimiste sur la scène du Salon, dans la « maison des Parisiens », pour reprendre l’expression d’Anne Hidalgo.

Julien Clerc a ouvert le bal des concerts du petit salon, puis, le 7 juillet, trois artistes français se sont succédés : Juliette Armanet, Albin de la Simone et Rover. Le public, qui avait pu retirer des invitations dans différents points Fnac la veille et le jour-même, a vécu ce soir-là un véritable instant de grâce, sensible et épuré. Récit…

Juliette Armanet, l’émotion à l’état pur

Sous les dorures et les peintures du « petit » Salon déjà immense de l’Hôtel de Ville de Paris, Juliette Armanet s’avance timidement face à son public, sagement assis sur les centaines de chaises disposées face à la scène où trône un piano à quart de queue. Tout de suite, l’artiste veut rompre la distance et rendre le concert moins solennel en invitant les personnes qui le souhaitent à s’asseoir par terre, voire sur scène, autour d’elle et son piano. Une proximité heureuse se créée alors, et Juliette Armanet entonne Manque d’Amour en ouverture de son court récital de 30 minutes. L’Amour en solitaire, Alexandre, La Lettre, Sous La Pluie, L’Accident… Toutes les plus belles chansons de l’album Petite Amie sont jouées dans leur plus simple apparat, en piano-voix. Alternant ces ballades avec quelques traits d’humour, Juliette Armanet chante de sa voix pure et si juste. Chaque mot est senti, ses mains caressent le piano avec grâce et facilité et de cette douce simplicité se dégage une émotion intense. On ne s’ennuie pas une minute, et lorsque la chanteuse achève son concert avec une reprise coquine de The Weeknd, le public se lève dans un tonnerre d’applaudissements. Ce fut court mais intense, un aperçu prometteur de sa tournée prévue pour l’automne.

Albin de la Simone, les mots justes

Tranquillement, Albin de la Simone prend ensuite place sur la scène du Salon, accompagné de François Laserre aux percussions et à la guitare, de Maëva Le Berre au violoncelle et d’Anne Gouverneur au violon. Face au public, derrière son petit clavier, Albin de la Simone nous chante ses histoires un peu à la manière d’un conteur, soutenu par les douces voix féminines de ses deux musiciennes. Il commence avec Ma Barbe pousse, extraite de son dernier album, L’Un de Nous, sorti fin février 2017 sur le label Tôt ou Tard (Vianney, Yaël Naïm, Vincent Delerm). Puis Les Chiens sans langues, Embrasse ma femme et A Quoi en duo pour l’occasion avec Anne Gouverneur. Beaucoup de titres de ce dernier opus joués avec maitrise et sérénité, parmi lesquels surnagent la très belle ballade Une Femme et bien-sûr La Fleur de l’Âge, tendre hommage aux quarantenaires… Le concert s’achève sur la très touchante Mes Epaules, qui ouvrait l’album Un Homme en 2013. On sent les musiciens extrêmement complices et heureux de faire vivre sur scène les titres de cet artiste discret et talentueux, aux textes subtils et mélodies sensibles. Dans la lignée de Mathieu Boogaerts, Albin de la Simone a su imposer sa voix et sa patte dans le paysage musical français. Il sera en concert au Café de la Danse à Paris du 11 au 15 décembre 2017.

Rover, le géant à la voix d’or

Pour finir cette deuxième soirée 100% française sur la scène du Salon du Fnac Live, les programmateurs ont eu la bonne idée d’inviter une nouvelle fois Rover, lui qui avait déjà foulé la scène du parvis de l’Hôtel de Ville en 2012. Cette fois-ci, il nous présente ses chansons en version « maquette », à la guitare ou au piano, accompagné du multi-instrumentiste Sébastien Collinet. Une formule intimiste qu’il a pu tester en mars dernier à la Philharmonie de Paris, lors d’un concert carte blanche. Ainsi mises à nues, les compositions de Rover mettent mieux encore en lumière sa voix exceptionnelle, de ses basses parfois gutturales à sa voix de tête cristalline, qui ne cesse de nous surprendre. Après deux albums, la révélation Rover en 2012, porté par le single Aqualast, et Let it Glow en 2015, Rover cultive une originalité aussi désarmante qu’envoutante. Etrange croisement entre Meat Loaf et Radiohead, il a du premier le physique un peu hors norme et fascinant, la voix puissante, et des seconds ce goût pour l’expérimentation et la construction d’atmosphères plus que de chansons. Insaisissable, la musique de Rover clôt en beauté cette soirée hors du temps dans le Petit Salon de l’Hôtel de Ville. Un instant suspendu, magique, propice à l’écoute et à la rêverie, voire au recueillement.

Dehors, la foule séduite par Camille

Tandis que la salle se vide, sur la grande scène du parvis, c’est dans une toute autre ambiance que Camille s’apprête à embarquer les 25 000 personnes rassemblées devant elle dans son univers si particulier, à la croisée de la chanson, du grunge et de l’expérimentation vocale. Un cocktail indéfinissable mais diablement efficace. En live, les chansons de son dernier album Ouï prennent une autre force. Soutenue par trois choristes, des percussions, un piano, un clavier et un mur de toms, Camille lâche prise et se donne sans retenue dans sa robe bleue, avec une énergie folle et une maitrise remarquable. Le public, qui ne s’attendait peut-être pas à ça, est unanime : c’est un nouveau triomphe, et l’engouement se partagera encore bien plus tard dans la nuit, avec l’arrivée de Cassius aux platines. Car de l’écrin intimiste du Petit Salon de l’Hôtel de Ville au dancefloor géant sur le parvis, le Festival Fnac Live à l’art de conjuguer éclectisme et qualité !
Rendez-vous l’année prochaine !

Retrouvez une partie des prestations live du Festival Fnac Live 2017 sur le site officiel, en partenariat avec Culturebox.

Crédits photos : Juliette Armanet © Flavien Prioreau / Albin de la Simone © Yann Rabanier / Rover © OutOfTheBlue