Avec « Comment garder son mec », Alil Vardar, l’humoriste le plus couru des théâtres de boulevard parisiens, revient avec son premier one-man-show. La formule reste la même et la pièce est de très bonne facture, mais la mayonnaise ne prend pas toujours aussi bien. 

En bon obsessionnel, Alil Vardar fait, comme à son habitude, des relations hommes-femmes le coeur de son oeuvre. Après le divorce, le mariage, les familles recomposées, le comédien s’attache dans son one-man-show à décortiquer, non sans ironie, les étapes à suivre pour une femme qui voudrait garder son mec -et, de temps en temps, pour un homme qui voudrait garder sa femme.

Relations hommes-femmes au microscope

Le début du one-man-show se déroule de façon très étrange, dans une sorte de bulle d’incompréhension générale. Le comédien se lance dans une introduction un peu bancale, récit maladroit de ses origines albanaises, avec quelques vannes par-ci par-là, à la fin de laquelle il se décide enfin à introduire le thème de son one-man-show : les relations amoureuses. Dans une autopsie distanciée -le comédien s’attachant à écarter tout clichés sexistes dans lesquels il aurait parfois pu tomber- Alil Vardar se remémore le temps des slows, de ses premières amours, de sa première femme, de la jalousie dans le couple, du laisser-faire, de la tromperie.

Humour de proximité

Et par moment, c’est incroyablement drôle : lorsqu’il se met à imiter un français baragouinant en espagnol, la salle s’esclaffe tellement qu’il s’attarde un peu plus longuement sur le sketch. Avec sa formule habituelle, le comédien base l’humour de sa pièce sur ses nombreuses mimiques, son déhanché cocasse et quelques sketchs bien sentis. Si vous êtes éloignés de la scène, vous pouvez être sûrs de manquer 70% du potentiel comique de la pièce. Ce qui est vraiment dommage, car si les blagues ne font pas toutes rire la salle aux éclats, les premiers rangs semblent beaucoup plus animés par le talent physique du comédien.

Comment garder son mec est une bonne pièce, dans la droite lignée de celles mises en scène précédemment par le comédien. Pourtant, les rires à se pisser dessus semblent beaucoup plus rares que d’habitude, et, si la pièce est de bonne facture dans son ensemble, on reste avec un petit goût d’inachevé sur le palais.