On a rencontré la très agréable Alice Lebredonchel, la présidente des jeudis Arty. Cette manifestation des plus intéressantes ouvre les portes des galeries du Marais trois jeudis soirs par an. Elle décomplexe l’art, l’explique et permet aux amateurs, novices et débutants de rencontrer l’art d’aujourd’hui et ses acteurs. La prochaine édition est le 2 juin et on vous engage bien vivement à y aller !

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De gauche à droite : Larie (bénévole), Alice (présidente), Lydia (bénévole), Mathilde (bénévole), Pierrette (chef de projet), Chloé (bénévole)

Untitled Magazine : Peux-tu te présenter en deux, trois mots ? Qui es-tu ? Dis-nous tout Alice !

Alice Lebredonchel : Je m’appelle Alice Lebredonchel donc et je suis dans le milieu de la culture depuis cinq, six ans maintenant, dès la fin de mes études. (Il faut comprendre ici que la présidente est très jeune). J’ai toujours travaillé dans une branche plutôt administrative, et être sur le terrain me manquait. J’ai trouvé cette formule du coup : travailler en milieux associatif, opérationnel et surplomber les choses de plus haut avec mon métier administratif.

U.M. : Donc les jeudis Arty est une association c’est ça ?

A.L. : Oui, voilà tout à fait. J’ai monté le projet il y a trois ans sous la forme d’une association. Il y a 40 bénévoles, une chef de projet et moi, la présidente. On travaille particulièrement sur les nocturnes en cherchant des galeries, en découvrant leurs artistes etc, mais il y a un gros travail fait sur le site aussi. C’est le chantier sur lequel je travaille, il est indispensable. Il recense pas mal de contenu avec un support photo et un support vidéo qui nous permettent d’alimenter le webzine. On est en train de développer un espace où chaque galerie pourra présenter les artistes et les évènements qu’elle propose pour les nocturnes.

U.M. : En parlant des galeries, comment se fait la sélection ?

A.L. : Eh bien on démarche principalement. Nous avons trois critères majeurs, le premier c’est que la galerie s’inscrive géographiquement dans le parcours que nous proposons, le second se fait au niveau du ressenti, des implications que la galerie met en jeu dans le projet et le troisième concerne la proposition. Après, je ne nous considère pas du tout comme un comité de sélection. Le but n’est pas de faire un parcours qui nous plaise particulièrement à nous mais plutôt de montrer, d’ouvrir aux visiteurs la scène de la création émergente.

U.M. : Oui voilà, c’est ça le propos des jeudis arty, non ? La découverte !

A.L. : Les jeudis Arty c’est une vision décomplexée, innovante, actuelle de l’art contemporain. En fait l’idée m’est venue de deux choses. Quand j’étais à Londres, un soir de First Thursdays (une centaine de galeries ouvrent leurs portes toutes les semaines), j’ai vu une super ambiance, des échanges, une nouvelle façon de voir l’art. Il n’était pas seulement question de faire la fête, mais c’était un réel échange. Et j’ai comparé ça à ce qu’il se passait en France où les jeunes ne sont pas habitués à entrer dans les galeries, où les espaces d’art font peur.

J’ai décidé d’y remédier en proposant notamment un parcours gratuit avec des ambassadeurs et ambassadrices qui sont postés dans les galeries pour guider les visiteurs, mais aussi avec des visites guidées que l’on vend. Elles marchent bien. « 90 minutes pour comprendre l’art contemporain » est celle qui fonctionne le mieux, elle est sold-out super rapidement, preuve qu’il y a un désir de médiation mais surtout un vrai désir d’initiation. Ces visites permettent une première approche de l’art contemporain. On propose deux formes de parcours, un ArtyMini qui se focalise sur une galerie pendant une heure. On y favorise la proximité avec le galeriste et l’artiste ; et un parcours ArtyMaxi où la visite fait 1H30. On fait découvrir trois galeries et trois artistes et surtout le visiteur repart avec un tote-bag de l’édition dans lequel il y a des entrées pour des lieux partenaires (le musée des arts et métier, la BNF…). Il y a quatre parcours que l’on veut variés et le but est toujours le même : pousser la curiosité du visiteur et faire le lien entre le visiteur et l’œuvre et faire en sorte d’éveiller sa curiosité, même après la soirée !

U.M. : Quels sont les moments qui t’ont le plus marqué durant ces deux années ?

A.L. : Il y a eu la rencontre magique entre Aki Kuroda et le public lors de la première édition des Jeudis Arty à la galerie Lazarew, nous avons pu assister à un des échanges vrais, de ceux pour lequel ce projet existe. Bien sûr, le jour où la première galerie a accepté de participer : la Galerie Charlot. J’ai eu l’impression que le projet commençait vraiment : un bonheur ! Et, je dirais, la performance de Hip Hop à la galerie Fatiha Selam devant les toiles de l’exposition de André Hemer, on a pu voir le lien entre l’art et les visiteurs, c’était très intense, une interaction puissante.

U.M. : Et pour la suite, tu envisages quoi ?

A.L. : J’aimerais que l’évènement perdure et grossisse, qu’il y ait plus de galeries, plus de monde et différents parcours. Le concept restera le même, mais en plus grand. Ce qui continue de m’animer, c’est qu’en deux ans, on a toujours réussi à se réinventer. Pas une seule édition n’a été la même ! Pour celle-ci par exemple, on organise un petit quizz pour savoir quelle galerie le public a préféré. C’est ça qui anime le projet, c’est vraiment d’aller vers le visiteur, on va vers un dialogue commun et on s’y renouvelle tout le temps.

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