Le joli mois de mai est arrivé ! Pour vous laisser bercer pendant ses ponts et jours fériés, ou même pour travailler avec calme et sérénité, voici quatre albums tout doux sortis ce printemps. Une sélection 100% européenne ! 

Il y a des albums comme ça, que l’on pourrait écouter à l’infini : au travail, en balade, pour méditer ou simplement paresser. En ce joli mois de mai, nous avons déniché trois albums parfaits pour se laisser bercer, parce qu’ils sont doux et mélodieux, solaires et mélancoliques, juste ce qu’il faut. Voici donc notre sélection 100% européenne avec les deux jeunes chanteuses folk anglaises Lucy Rose et Billie Marten, la pianiste polonaise Hania Rani et le producteur allemand Martin Kohlstedt

 

No Words Left de Lucy Rose

On se laisse tout de suite charmer par  Solo(w), le single enchanteur qu’a choisi Lucy Rose pour présenter son album No Words Left. Cet opus marque un certain virage pop pour cette admiratrice de Bob Dylan, Joni Mitchell et Neil Young, mais l’inspiration folk demeure. Enregistrées à Brighton avec le producteur Tim Bidwell (Laish, Peggy Sue…), les onze chansons de No Words Left mettent en lumière les talents d’interprète de la jeune chanteuse anglaise et sa voix chargée d’émotions. Outre le poétique Solo(w), on y retient le vibrant Treat Me Like A Woman, la féérie des cordes de What Does it Take ou encore la mélodie sensible et déchirante de Conversation en ouverture.

Multi-instrumentiste, Lucy Rose a commencé à composer dans un groupe aux côtés de Björn Agren, l’ancien guitariste de Razorlight, Joe Steer, l’ancien bassiste de Broadcast 2000, et Sam Nadel à la batterie. Depuis 2012, la jeune femme a publié quatre albums solo dont le deuxième, Work It Out, s’est classé dans le Top 10 des charts anglais. Elle sera de passage à Paris pour un concert au Café de la Danse le 9 mai 2019.

No Words Left, Lucy Rose

Lucy Rose, No Words Left, album disponible depuis le 22 mars 2019.
En concert au Café de la Danse à Paris le 9 mai 2019.
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Feeding Seahorses by Hand de Billie Marten

Très proche de Lucy Rose en termes d’influences (elle a d’ailleurs assuré ses premières parties en 2015), la jeune Billie Marten vient de révéler son deuxième album au titre original : Feeding Seahorses by Hand (Nourrir les hippocampes à la main). Une vision poétique qui colle parfaitement à l’univers folk et coloré de cette anglaise de 20 ans dotée d’une belle maturité, tant au niveau des textes que des mélodies. En témoigne le refrain tourbillonnant de Mice qui décrit un ineffable sentiment de vide avec finesse et justesse : « Watch me as I go and separate the ones that I am made to love and hate / And slowly counting down my body weight / I’m tired ».

Mais loin d’être sinistre ou plombant, ce second album de Billie Marten se révèle lumineux dans ses mélodies et ses arrangements légers et surannés, qui rappellent ceux des premiers albums de Norah Jones. Un concentré de douceur idéal pour couler des jours printaniers.

Billie MartenFeeding Seahorses by Hand, album disponible depuis le 26 avril 2019.
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Esja d’Hania Rani

Dans la lignée de Guillaume Poncelet, la musique d’Hania Rani est une ode à la rêverie et à l’introspection. Enregistré dans son appartement à Varsovie, cet album Esja est la première oeuvre solo de cette musicienne de 28 ans qui a déjà écrit et collaboré avec le DJ allemand Christian Löffler, la violoncelliste Dobrawa Czocher, le producteur grec Hior Chronik, et publié en 2018 un album avec son groupe polonais tęskno.

Signée sur le label britannique Gondwana Records, Hania Rani livre ici dix pièces pour piano virevoltantes et épurées, où la sensibilité de la jeune femme touche en plein coeur l’auditeur. Empreintes de nostalgie, les mélodies délicates d’Esja rappellent un peu l’univers d’Olafur Arnalds ou de Yann Tiersen. Triste sans être lugubre, le piano d’Hania Rani convoque un sentiment de spleen radieux. On s’y abandonne avec délectation, laissant notre imagination courir sur ses notes et façonner des images pour habiller cette délicieuse bande-son. Une révélation.

Hania Rani, Esja, album disponible depuis le 5 avril 2019.
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Ströme de Martin Kohlstedt

Autre album instrumental sorti ce printemps, Ströme de Martin Kohlstedt mêle habilement le classique aux sons électro. Tantôt lyriques, spirituelles, modernes ou contemplatives, les compositions de ce jeune producteur allemand atteignent surtout des dimensions stratosphériques lorsque s’élèvent les voix du chœur du Gewandhaus de Leipzig.

Avec un troisième album d’une telle richesse et d’une telle profondeur musicale, Martin Kohlstedt s’avance  dans les pas de son aîné Nils Frahm tout en s’affirmant comme l’un des jeunes compositeurs allemands les plus prometteurs de sa génération. Moins tranquille, plus torturé que les autres albums de la sélection, Ströme est un flux musical instable et beau, qui surprend autant qu’il émeut.

Martin Kohlstedt, Ströme, album disponible depuis le 3 mai 2019.
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