Après neuf ans d’absence, la chanteuse Adrienne Pauly signe son grand retour sur scène en 2016, avant un nouvel album prévu pour début 2017. Nous étions à La Maroquinerie ce 16 novembre, pour des retrouvailles plutôt festives.

Souvenez-vous, c’était en 2006. Adrienne Pauly, jeune brune ténébreuse issue d’une famille d’artistes chantait « J’veux un mec » d’une voix rock et lascive dans sa petite robe noire, à la fois fragile et gouailleuse.

Nommée aux Victoires de la Musique 2007 en « Album révélation de l’année » et « Artiste révélation de l’année », Adrienne Pauly a su s’imposer grâce à ses chansons pop-rock aux textes accrocheurs. Après J’veux un mec, La Fille au Prisunic était un bel exemple de chanson réaliste à la Fréhel complétement modernisée, grâce à la voix chaude et légèrement rauque d’Adrienne et son interprétation sans fards.

La fille en noir qui étincelle

Pour notre plus grand plaisir, c’est la même artiste que nous avons retrouvée ce mercredi 16 novembre 2016 à La Maroquinerie à Paris. Après quelques concerts en juin puis dans des festivals, cette date devait consacrer le grand retour d’Adrienne Pauly dans une salle « rock », avec un public à fleur de scène, remuant et déjà conquis.

Ce sont d’abord les musiciens, un bassiste, un guitariste, un claviériste et un batteur, qui introduisent le show avant l’entrée de l’artiste. Vêtue de noir comme à son habitude, la « bad girl » porte un blouson en cuir et sa frange masque son regard.

Ce qui frappe dès les premières notes, c’est ce décalage entre la carrure si frêle d’Adrienne Pauly, sa fragilité, et son extraordinaire charisme. La voix est toujours la même, juste et puissante. Malgré son stress, sa manière d’applaudir après chaque titre comme si les applaudissements de la foule n’étaient pas pour elle, Adrienne Pauly est une chanteuse solaire. Elle danse, rit, raconte des histoires et nous emporte dans son univers où se croisent des amoures déçues, des filles alcoolisées, le souvenir de sa mère ou des désirs d’évasion dans la lointaine Russie.

https://www.youtube.com/watch?v=qwsuGBxRzmM

De nouveaux titres et des reprises étonnantes

Dès le début du show, on comprend qu’Adrienne est venue présenter ses nouvelles chansons et peaufiner son live. « C’est work in progress », se défend-t-elle après quelques couacs. Parmi les nouveautés, on retient Les Amours passionnels, la si bien trouvée Excusemoihiste, néologisme qui n’est pas sans rappeler l’Aquoiboniste de Serge Gainsbourg. Une influence largement revendiquée par la chanteuse qui a d’ailleurs choisi de reprendre Les Femmes ça fait Pédé, un titre provocateur et drôle écrit en 1978 par Gainsbourg pour Régine. Autre reprise étonnante, celle d’Au Bois de Mon Cœur de Georges Brassens, qui rend hommage à l’amitié.

Comme sur les anciens titres, les textes d’Adrienne Pauly sont crus, drôles et caustiques. On sent toujours une vraie recherche, tant au niveau des sonorités que des thématiques. « Je ne parlerai qu’en présence de ma vodka », chante-t-elle, désabusée, avant de se revendiquer quelques morceaux plus tard comme une vraie « conne », ou bien de reprendre l’excellent J’ai fait l’amour avec un con, l’un de ses meilleurs titres, et bien-sûr, J’veux un mec. 

https://www.youtube.com/watch?v=SLXKDKRaC3s

Avec ses intonations à la Catherine Ringer, son physique à la Charlotte Gainsbourg et son look un peu destroy, Adrienne Pauly est une personnalité à part. Une vraie rockeuse au cœur tendre qui, à l’aube de la quarantaine, est en passe de réussir un beau come-back!

Suivez l’actualité d’Adrienne Pauly sur son site officiel et sa page Facebook.

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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.