Culte : « A l’Est d’Eden », un film d’Elia Kazan

Elia Kazan A l'est d'Eden
©D.R

« Caïn se retira de devant l’Éternel, et séjourna dans le pays de Nôd, à l’est d’Éden. » Genèse (4 ; 16)

Le 1er octobre 1955, Elia Kazan sort son premier film en couleur. En n’engageant que des inconnus il permet l’éclosion de l’un des acteurs les plus influents du 7ème art : James Dean. 61 ans plus tard, l’acteur impressionne toujours par son jeu et son charisme. Retour sur l’un des plus grands chef-d’œuvre du cinéaste américain.

Cal et Aaron sont les deux fils d’Adam Trask un fermier respecté dans la vallée de Salinas. Les deux frères pensent que leur mère est morte depuis longtemps alors qu’elle tient une maison close non loin de là. Cal, le plus jeune, le découvre et va chercher à comprendre pourquoi elle est partie. Mal aimé par son père il voudra trouver chez sa génitrice l’affection qu’il n’a pas chez lui.

L'histoire d'un duel père/fils ©D.R
L’histoire d’un duel père/fils ©D.R

Le 13ème film d’Elia Kazan (Un Tramway nommé Désir) se concentre sur un duel père/fils assuré par James Dean et Raymond Massey.

Une deuxième confrontation se joue en arrière-plan : celle de deux frères que tout oppose. Aaron est le fils raisonnable, poli,  qui suit des études tout en aidant son père dans les affaires. Il est sur le point de se marier avec Abra (Julie Harris). La seule femme présente dans la vie de cette famille est aussi la seule à sembler porter de l’attention à Cal. Ce dernier est l’antithèse complète de son frère et semble rappeler à Adam Trask sa femme partie il y a longtemps.

Ce qui lie ces deux duels est la volonté de Cal de se rapprocher de sa mère (Jo Van Fleet) aussi froide que violente envers son fils dont elle n’accepte pas l’existence.

Cal va chercher chez sa mère ce qu'il ne trouve pas chez son père. ©SwashbucklerFilms
Cal va chercher chez sa mère ce qu’il ne trouve pas chez son père. ©SwashbucklerFilms

Une réalisation intelligente et un casting parfait

 Elia Kazan dirige ce chef-d’oeuvre d’une main de maître. Chaque plan est réfléchi et permet de mieux comprendre les enjeux des différentes relations. Grâce à une réalisation intelligente et ambitieuse, le réalisateur met en lumière le duel entre James Dean et Raymond Massey qui monte en intensité jusqu’à son dénouement.

Cette adaptation de l’œuvre de John Steinbeck repose sur les magnifiques prestations de James Dean en fils mal-aimé et Raymond Massey en père incapable de maîtriser son fils rebelle. Le premier fait ses débuts dans le cinéma et étonne avec sa moue boudeuse et son jeu tout en retenue et en subtilité. Face à lui l’interprète d’Adam Trask passe, avec une agilité impressionnante, de la violence d’un père réprobateur à la peine d’un homme qui voudrait pouvoir comprendre son fils.

Abra est la seule à comprendre Cal. ©SwashbucklerFilms
Abra est la seule à comprendre Cal. ©SwashbucklerFilms

A leurs côtés, alors que Richard Davalos (Aaron) a du mal à faire bonne figure, Julie Harris brille dans son rôle de fiancée tiraillée entre les deux frères. Jo Van Fleet en mère froide et imperturbable remportera l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.

Elia Kazan sera nommé pour l’Oscar du Meilleur réalisateur et offre une nomination dans la catégorie « meilleur acteur » à James Dean. Moins d’un an après la sortie du film, l’acteur perdra la vie dans un accident de voiture … à l’Est de Salinas.

 

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