Pour cette 63ème édition, le salon de Montrouge accueille, une fois encore, un panorama toujours plus riche de la création en train de se faire. Événement de renommée nationale, il se veut un espace de conversation entre le public et l’art contemporain. Untitled s’y est rendu et vous propose trois bonnes raisons d’en faire tout autant ! Dépêchez-vous, c’est jusqu’au 23 mai 2018 !

1- L’art de faire bouillonner le monde

Cette année encore, dans une démarche toujours plus franche d’être au plus près de l’actualité artistique, le comité a sélectionné, parmi plus de 2000 candidats, 52 jeunes artistes issus du monde entier. C’est plus de 12 nationalités qui y sont réunit, permettant un véritable état des lieux. Portant avec eux leur culture, leur bagage et un métissage incroyable, les artistes tissent une map-monde haute en couleur.

DUNCOMBE Paul, (né à Caen en 1987 / vit et travaille à Caen) Éden, 2017, Végétaux, éléments radioactifs, éclairages horticoles, 150 x 380 x 100 cm, Production La Résidence, Dompierre-sur-Besbre, 2017

2- Faire de la création le miroir de la vie

Ah ! Il ne sera jamais trop de le répéter : l’Art Contemporain est un lieu de pensée, un lieu qui pose mille questions et qui ouvre mille portes. Voilà, cette 63ème édition continue de réfléchir tout ce qui permet de façonner la scoiété et les problématiques qu’elle rencontre. Car bien que de nombreux en doute (pensons ici notamment à Yves Michaud), l’artiste s’engage. Il dénonce. À travers quatre chapitres (Avec ou contre la nature / La boîte à outils / Le futur du passé / Pop Team Epic) sont secoués les relations humaines et leurs moyens de communication ; la nature et sa place ; le corps, sa représentation et sa catégorisation ; le moi, le soi et le toi ; les formes et les frontières ; la porosité et l’impossibilité. Un engagement qui pousse à réfléchir l’action effective. Est-ce l’artiste qui ne sensibilise pas assez ou le regardeur qui, blasé, n’agit pas ?

G : AHMADI GHOTBI Samira, (née en Iran en 1985 / vit et travaille à Clermont-Ferrand), Sans Titre, 2015, Crayon sur papier, 65 x 55 x 5 cm, Dessin : Mathieu Dussol – D : SARACHO DE ALMEIDA Clara (née en Espagne en 1990 / vit et travaille à Paris), Tourner en rond, 2016, Vidéo, 2 min 44 sec

3- Des retours sur l’époque moderne

La tendance est là depuis un moment déjà. Depuis que l’art moderne a émergé dans les années 1960, depuis qu’il s’est émancipé de la mimesis et qu’il s’est emparé des questionnements sociaux et societaux, les artistes n’ont pas cessé de penser la matière et les formes (ici Marianne Vieulès, François BiancoCedric Esturillo, Laurence De Leersnyder, Pauline ToyerRonan Le Creurer), la lumière et l’espace (Pierre Oscar Brunet, Roland Burkart, Emmanuelle Rosso). Les thématiques comme les machines du futur et la frontière entre rêve et réalité qui intéressaient déjà le XXeme siècle (allant de Marcel Duchamp à Eduardo Kac) sont également reprises par Clemence de Montgolfier et Niki Korth, Pieter van de Schaaf ou Raphael Fabre. Le langage, grande thématique de la révolution artistique, portée tour à tour par les surréalistes, l’art conceptuel ou d’importantes figures comme Marcel Broodthaers, et théorisée par de grands penseurs comme Hegel ou Goodman est toujours réfléchi notamment par Garudh Melkonyan, Mostafa Saifi Rahmouni ou Octave Rimbert-Riviere. Bref, l’art d’antant est brassé sans pour autant être copié. 

BURKART Roland, (né à Montpellier en 1990 / vit et travaille à Munich), Your Infinity, 2017, LED, miroir, aluminium, Plexiglas, 195 x 185 x 180 cm

Cette 63ème édition du salon de Montrouge a récompensé Mali Arun pour le grand prix du salon, Samuel Lecocq pour le prix des Beaux-Arts, Ariane Loze pour le prix du conseil départemental des Hauts-de-Seine ; Odonchimeg Davaadorj pour le Prix ADAGP – « Révélation Arts Plastiques » ; Roland Burkart pour le prix Kristal ; Baptiste Rabichon pour une résidence à Moly Sabata ; Paul Duncombe pour une première édition Triebew (notre chouchou) ; Princia Itoua Dickelet pour les ateliers medicis et Samira Ahmadi Ghotbi pour la production Orange rouge.

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Le salon de Montrouge, jusqu’au 23 mai 2018
Le Beffroi, 2, Place Emile Cresp, 92120 MONTROUGE
M4 Mairie de Montrouge
Entrée libre

 

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.