Vous êtes à la recherche de nouveautés musicales pour les nombreuses soirées de l’été qui s’annonce ? Untitled Magazine vous invite à plonger dans l’univers à la fois engagé et électro de la chanteuse Israélienne Noga Erez.

Sorti le 2 juin dernier, l’album de Noga Erez « Off the radar » a déjà su marquer les esprits. Il faut dire que cet album a de quoi étonner : il délivre à chaque morceau un message très engagé. Le tout enrobé dans des sonorités électroniques euphorisantes. Quand la musique parvient à allier le divertissement et la réflexion politique, le résultat est assez bluffant. Un choix assumé que la chanteuse explique simplement : « j’ai cette idée de donner aux gens des moments de pensée et d’inspiration, tout en offrant des évasions et des amusements ».

Avec ses sonorités futuristes, Noga Erez impose son style sans complexe. Ce mois-ci elle apparaît dans la compilation des Inrockuptibles (printemps-été volume 2) aux côtés d’artistes confirmés comme Disiz ou Camille. Et si c’était ça la nouvelle scène électro de demain ? « La musique, je crois, peut changer la façon de penser des gens. Ou au moins les intéresser à ce qu’il se passe dans le monde. Et ça, c’est la chose la plus importante à changer. Car à terme, l’accumulation peut créer un vrai changement. C’est comme tout. Ce sont des petits pas » déclarait la chanteuse au site Green Room.

Une identité musicale singulière

Originaire de Tel Aviv, Noga Erez est né quelques jours avant le début de l’année 1990 marqué par la guerre du Golf. À travers sa musique Erez a toujours voulu apporter quelque chose en plus, comme pour rendre les sonorités électroniques qu’elle utilise, plus humaines : « Selon moi notre façon d’essayer de rester en contact avec nos sentiments et nos peurs, et d’éviter tout détachement émotionnel, c’est de la musique. Les êtres humains peuvent provenir de lieux complètement différents mais partagent une base fondamentale d’émotions. À mon avis, la musique est la forme de l’art ou de la communication qui l’exprime avec le plus de précision ».

De sa musique, la jeune artiste s’en fait à la fois un bouclier et une arme contre l’environnement dans lequel elle évolue. Elle dit alors puiser son inspiration chez des artistes comme Björk, M.I.A., Kendrick Lamar, Frank Ocean ou même Beyoncé.

Écorchée vive

Noga Erez grandit en Israël et ne fut pas épargnée par les nombreux conflits présents dans le pays. Elle passa une partie de son enfance à Herzliya, une petite ville dans le centre du pays. Avant de s’envoler à 11 ans pour l’Angleterre pour y découvrir une classe de chant. À 18 ans la jeune Israélienne élit domicile à Tel Aviv. C’est à partir de là que sa vie se tourne à plein temps vers la musique.

Comme l’ensemble des jeunes de son pays, elle intègre pendant deux ans les services militaires du pays avec pour mission de chanter pour les soldats. Elle raconte alors à la presse : « Pendant que j’étais à l’armée, il y a eu une opération à Gaza, et la situation est alors devenue très radicale. J’ai dû aller chanter pour des soldats, juste avant qu’ils n’aillent à Gaza. Et ça m’a fait quelque chose, vraiment, en fait, ça m’a vraiment pété le cerveau. Déjà, j’ai réalisé que je chantais pour des gens qui n’allaient pas forcément revenir. Ensuite, que c’était des gens qui allaient peut-être prendre des vies ».

De cette expérience traumatisante Noga Erez a réussi à en faire une force qui s’exprime à travers sa musique. Son premier album « Off the radar » devrait dans les prochains mois faire grand bruit.

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Noga Erez en Live à la Gaïté Lyrique @ ARTE concert festival

La chanteuse se produira au festival des Eurockéennes de Belfort le 6 juillet prochain.

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