Pour clôturer la saison 2016 du Théâtre du Châtelet, son directeur, Jean-Luc Choplin a choisi d’offrir au public un spectacle de grande envergure. C’est « 42nd Street », grand classique de la comédie musicale qui sera joué sur les planches jusqu’au 8 janvier, avant que le Théâtre ne ferme ses portes pour rénovation. Chant et claquettes, décors splendides et costumes à couper le souffle sont réunis dans ce show virevoltant et jubilatoire.

Levée de Rideau. Sur un air de swing, vingt paires de claquettes apparaissent sur la scène du Châtelet. D’emblée, la bonne humeur s’empare du public. Nous sommes à New-York, en 1933. Dans une Amérique touchée la Dépression, la jeune et candide jeune Peggy Sawyer quitte Allentown, sa ville natale, pour tenter l’audition de Pretty Lady, une comédie musicale montée par le célèbre Julian Marsch. Arrivée trop tard, elle est embauchée comme remplaçante alors que Dorothy Brocks, diva capricieuse et amante du producteur tient le premier rôle. Lorsque Dorothy se casse la jambe, Peggy est accusée de l’avoir fait tomber. Le spectacle est menacé et Peggy renvoyée. Julian Marsch, poussé par les danseurs de la troupe, part à la recherche de Peggy et lui propose le premier rôle. Sous l’impitoyable rigidité du metteur en scène, elle répète sans relâche jusqu’au spectacle. « You’re going out a youngster but you’ve got to come back a star » lui glisse Julian Marsch avant son entrée en scène. Le spectacle connaît un véritable succès et Peggy devient une star en l’espace d’une soirée. Si en apparence l’histoire est simple, elle s’entoure pourtant d’intrigues secondaires et nous entraîne, sur le clic-clac enivrant des claquettes, dans les coulisses de Broadway. 

« Come and meet those dançing feet,

On the avenue we’re taking you to Forty Second Street »

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De Brodway au Châtelet

Après le succès de Singin’ in the Rain et de West Side Story, 42nd street s‘est imposé à Jean-Luc Choplin comme une évidence. Adapté pour la première fois sur les planches en 1980 au Foxwoods Theatre, 42nd Street incarne la quintessence de la comédie musicale. Chant, danse et comédie cohabitent dans la plus pure tradition sur la musique d’Harry Warren et les paroles d’Al Dubin. Pour Choplin, monter ce grand classique c’est rendre « hommage à la ville de New-York et à son coeur battant, Broadway ». Mais pas seulement : en faisant appel à Stephen Mear pour diriger la troupe, Choplin fait aussi une déclaration d’amour à la danse. Les tableaux s’enchaînent impeccablement, tous plus sublimes les uns que les autres. L’écueil du kitsch est savamment évité tant on est subjugués par la puissance du show et par l’interprétation des danseurs qui mêle autant d’énergie que de grâce. Une célébration de la danse, mais aussi de la fête car en des temps troublés – à New-York dans années 30 ou un soir d’hiver à Paris-, l’art, la danse, la créativité ne sauraient mieux réenchanter notre quotidien que ce spectacle-feu d’artifice. 42nd Street n’est pas seulement un voyage à Broadway entre les paillettes et les claquettes : c’est deux heures quarante de magie, de beauté et de pure joie.

Pour plus d’informations : Théâtre du Châtelet // Le blog (photos, playlists, conférences…)
Réservations ICI. (Places de 25e à 125e)
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Un pied à Paris, l'autre à Leipzig, j'explore les territoires de la culture et de l'écriture avec malice. Grand amour pour les chapeaux, les petits-déjeuners, la poésie et les voyages en sac-à-dos. Membre de la confrérie des roux et des passionnés de musique.