Tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

Les enfants du Cap, Michèle Rowe

Persy est une jeune inspectrice métisse, au caractère bien trempé et elle n’est pas du genre à se laisser faire. Pour résoudre une enquête, elle doit collaborer – contre son gré – avec Marge, une psychologue criminelle à la retraite. Mais cette dernière n’est pas tendre non plus. Les deux finiront-elles par s’entendre pour résoudre cette enquête et dénicher quelques secrets ?

Une intrigue impeccable, des personnages bien trempés, une poignée de criminels, voilà la recette d’un bon polar. Mais ici, c’est aussi la ville du Cap et ses contradictions que Michèle Rowe dépeint avec talent. Rongée par le crime, le passé et l’apartheid, elle dessine redessine ici un lieu de toute beauté. Sans jamais raconter une histoire criminelle, l’auteur balaye tous ces sujets et nous transporte bel et bien en Afrique du sud.

Les enfants du Cap, Michèle Rowe, Livre de Poche, 7,90 €, 512 pages

 

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr Bojangles » de Nina Simone. Chez cette petite famille, il n’y a de la place que pour l’amour, les amis et la fantaisie. C’est elle, la mère, qui mène la danse, toujours imprévisible et extravagante. Mais un jour, elle va trop loin. Père et fils feront tout pour que la fête continue, jusqu’au bout.

Le ton est léger, la fête c’est en permanence, et on en fait tous parti. Deux vois nous racontent cette histoire : celle du père et celle de l’enfant. Mais au centre, on y retrouve Louise, la mère, l’aimée, la femme. Fait d’humour et de désespoir, ce roman vous transportera le temps d’une soirée.

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Folio, 6,60 €, 176 pages

Une requête de Bruno Schulz, Maxim Biller

Plongeon en pleine Pologne des années 30 sous domination allemande, cette nouvelle retrace les aventures de Bruno Schulz, écrivain juif polonais, alors qu’il prend la plume pour une requête un peu spéciale au prix Nobel de littérature Thomas Mann. Avec cette lettre, il espère obtenir son aide pour publier sa nouvelle, mais elle devient plutôt l’occasion pour Schulz de dresser le portrait d’une communauté en perdition  au sein d’une Pologne occupée.

Mélange de discours direct et de réflexion de l’écrivain sur sa condition d’homme juif à la veille de la Deuxième guerre mondiale, sur son état d’homme angoissé qui ne réussit pas à devenir l’auteur qu’il voudrait être, cette nouvelle nous transporte dans une époque sombre du siècle dernier. Seule lumière au bout du tunnel pour Bruno Schulz : l’espoir d’entrer en contact avec Thomas Mann, fil rouge de tout le récit.

Une requête de Bruno Schulz, Maxim Biller, Solin/Actes Sud, 10 €, 96 pages

 

Mathilde Ciulla & Marie Heckenbenner