Qui a dit que la saison estivale était une période creuse, en matière de série ? Cette année, en tout cas, l’été a fait beaucoup de bruit chez les sériephiles. Nouveautés, reprises, OVNI : l’été s’est montré généreux et nous a offert beaucoup de belles choses à voir. Entre les séries acclamées, les plus discrètes et celles carrément passées inaperçues, voici pour vous une compilation des dix meilleures séries de l’été, à rattraper de toute urgence (si ce n’est pas déjà fait).

Mr. Robot

© USA. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© USA. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Mr. Robot est, de loin, la grande sensation de cet été. Créée par Sam Raimi, elle met en scène le jeune Eliott Anderson (Rami Malek), un informaticien paranoïaque et introverti luttant contre la dépression et l’anxiété sociale. Selon lui, le hacking est le seul moyen de rencontrer de nouvelles personnes, jusqu’à ce qu’il se fasse approcher par un anarchiste se faisant appeler Mr. Robot (Christian Slater), qui va tenter de le convaincre de l’aider à faire tomber l’une des compagnies les plus puissantes au monde.

On reste admiratifs de son scénario plus que complexe, qui ne manque pas de cliffhangers. Mr. Robot est une grande surprise, jouissant d’une mise en scène et de personnages incroyables. On plonge littéralement au cœur des pensées d’Eliott, même si la psychologie du personnage reste parfois difficile à suivre. La série remet la société dans laquelle nous vivons en question, de l’utilisation de Facebook aux grands hommes politiques, n’ayant pas peur d’appuyer là où ça fait mal. Une véritable pépite, pour les yeux, les oreilles, et l’esprit.

UnReal

© LIFETIME. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© LIFETIME. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Plongez dans les coulisses d’une émission de télé-réalité avec UnReal : Rachel Goldberg (Shiri Appleby) travaille pour Everlasting, une émission type The Bachelor, dont la mission est de manipuler les sentiments des participants dans le but d’obtenir un épisode lourd en rebondissements. L’objectif étant de produire la saison la plus dramatique possible.

Impossible de ne pas fondre devant la qualité et l’originalité du programme. La relation entre Rachel et sa productrice Quinn King (Constance Zimmer) est incroyable et donne le ton de la série : il est encore rare de voir deux personnages féminins en tête d’affiche, deux femmes loin d’être idéalisées et magnifiées. UnReal déconstruit le mythe autour des scripted reality à coup d’humour noir et de répliques tranchantes, prouvant ainsi, que la seule réalité se trouve derrière la caméra.

Ballers

© HBO. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© HBO. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Une autre série sur le football américain réalisée par Peter Berg (Friday Night Lights), ça vous surprend ? La série se concentre sur un groupe de footballeurs, à Miami. Spencer Strasmore (l’imposant Dwayne Johnson) est un joueur à la retraite reconverti dans la finance : c’est désormais lui qui s’occupe de gérer les contrats des nouveaux joueurs, qu’il décide de prendre sous son aile.

Gros bras, belles voitures et belles nanas. Nous ne sommes pas dans Fast and Furious, mais bien dans un épisode de Ballers, les cascades en moins. Ici, Dwayne Johnson ne joue pas des gros bras, mais il déplace ciel et terre pour dégoter les contrats qui se montreront les plus prolifiques. Ballers s’amuse, non sans une certaine ironie, à mettre à jour les dessous particulièrement sombres de la FNL, qui fait pourtant tout son possible pour éloigner la mauvaise publicité. Pas de doute, cette première saison est une jolie réussite.

Hannibal

© NBC. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© NBC. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Hannibal retrace l’histoire des personnages rendus célèbres par le romancier Thomas Harris. Will Graham (Hugh Dancy) a la capacité de se mettre dans la peau de n’importe qui et de comprendre son raisonnement, ressentir ce qu’il ressent. Il est engagé par Jack Crawford (Lawrence Fishburne), un membre haut placé du FBI, afin de l’aider à résoudre une enquête mystérieuse. Il n’a pas idée que leurs recherches les mèneront sur les traces du cannibale le plus célèbre de l’Histoire, qui n’est autre que le psychologue de Will : le Dr. Hannibal Lecter (Mads Mikkelsen).

Hannibal signe ses adieux dans une troisième saison toute aussi excellente que les deux premières. La série tient, en grande partie, sur la relation étroite qu’entretiennent Will et le Dr. Lecter, offrant une fin digne de ce nom. Après trois saisons de manipulations, à essayer de comprendre la psychologie et les intentions de l’un ou de l’autre, et des mois de chasse à travers l’Europe, la confrontation est divine. Et sanglante. Des prestations à saluer couplées à une esthétique plus qu’élégante font d’Hannibal une véritable œuvre d’art. Un vrai régal (sans mauvais jeu de mots).

Aquarius

© NBC. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© NBC. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Los Angeles, 1967. Le sergent Sam Hodiak (David Duchovny) est à la traque de Charles Manson (Gethin Anthony), avant le massacre qu’il a commis en 1969. Alors qu’il enquête sur la disparition de la fille d’un homme réputé à Los Angeles, Sam Hodiak fait équipe avec un jeune agent sous couverture, Brian Shafe (Grey Damon), chargé d’infiltrer l’entourage du célèbre meurtrier.

Mettez de côté votre réticence à vous lancer dans une énième série policière pour vous concentrer sur le vrai fond de la série : ici, pas d’enquêtes différentes à chaque épisode. Aquarius se concentre uniquement sur la traque de Charles Manson, que le sergent réussit à approcher sans pourtant avoir assez de preuves pour l’arrêter. La traque est juteuse, les confrontations, célestes. Aquarius n’est peut-être pas la série de l’année mais reste un excellent divertissement.

Sense8

© NETFLIX. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© NETFLIX. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Les Wachowski (Matrix) récidivent avec Sense8 en créant un univers complètement fou. Huit individus, n’ayant à priori rien en commun, ne se connaissant pas, ne parlant pas la même langue et vivant aux quatre coins du monde se retrouvent mystérieusement liés. En effet, ils découvrent qu’ils partagent leurs pensées, leurs compétences, leurs émotions et leurs sens de façon jusqu’ici inédite. Chacun est alors capable d’intervenir dans la réalité de l’autre. Des capacités qui peuvent se révéler dangereuses, en particulier lorsque ces huit personnes (appelées sensates, traduit en français par sensitifs) deviennent les cibles d’une traque sans relâche.

En parlant de série de l’année, Sense8 pourrait tout à fait concourir pour le prix. Son originalité repousse les limites du réel, du conscient et de l’imagination. Au-delà des thèmes philosophiques que l’on pourrait lui attribuer, la série traite également de politique, d’identité, religion ou encore pose la question du genre. Malgré le nombre impressionnant de protagonistes, il est très facile de s’identifier à eux : la palette de personnages est d’autant plus variée qu’elle en est attachante. Une chose est sûre : Sense8 ne ressemble à rien de ce que vous avez pu voir auparavant.

Orange is the new black

© NETFLIX. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© NETFLIX. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Inspirée de la vie de Piper Kerman, Orange is the New Black relate la vie de Piper Chapman (Piper Schilling) dans une prison pour femmes, après avoir été incarcérée pour un crime lié à un trafic de drogue, dix ans plus tôt.

Troisième saison pour les femmes en combinaison orange, prouvant à nouveau qu’elles peuvent faire rire aussi facilement qu’elles peuvent faire pleurer. Une saison d’autant plus réussie qu’elle s’ouvre encore une fois sur les personnages secondaires, pas sur leur passé contrairement à la seconde saison, mais plutôt à leur vie au sein de la prison. Des amitiés se nouent et se brisent, de nouvelles alliances se forment, et une nouvelle détenue (Ruby Rose) fait une arrivée tonitruante. Il nous tarde déjà juin prochain.

Masters of Sex

© SHOWTIME. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© SHOWTIME. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Plongez au cœur du quotidien du Dr. William Masters (Michael Sheen) et de sa partenaire Virginia Johnson (Lizzy Caplan), deux chercheurs spécialisés dans l’étude des comportements sexuels, luttant pour rendre leur objet de recherche crédible aux yeux d’autres chercheurs, médecins et scientifiques.

Chaque saison est un pur délice, et la troisième saison de Masters of Sex ne déroge pas à la règle. Ce qu’on apprécie particulièrement, c’est de voir avec quelle subtilité les préjugés sont déconstruits : ainsi, la prostituée ou la femme libérée ne sont pas seulement ce qu’elles semblent être aux premiers abords. Cette année encore, la relation entre Will et Ginny prend de l’ampleur, aussi bien professionnellement que sur un plan plus affectif. Point bonus pour le personnage interprété par Josh Charles (The Good Wife), présenté cette saison, qu’on adore absolument dans tout ce qu’il fait.

Show me a hero

© HBO. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© HBO. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Quelque part dans la banlieue de New York, la classe moyenne blanche forme une résistance face à l’installation d’habitations à loyer modéré. Créée par David Simon (à la tête de The Wire et Treme), la mini-série suit la bataille de plusieurs personnes, dont le maire Nick Wasicsko (Oscar Isaac), sur lesquelles ces « projets » (le nom qu’on donnait à ces habitations) ont eu un impact.

Comme les précédents projets de David Simon, Show Me A Hero se définit principalement par son engagement politique et social face aux évènements importants qui se sont produits entre 1987 et 1994, ainsi que les questions importantes qu’ils soulèvent. C’était il y a presque trente ans, et pourtant, le discours soulevé dans la série ne pourrait pas être plus d’actualité. Au moins, nous avons les titres de Bruce Springsteen pour nous accompagner sur cette réflexion sur l’inconscient américain.

Wayward Pines

© FOX. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
© FOX. TOUS DROITS RÉSERVÉS.

Ethan Burke (Matt Dillon) est un agent spécial du FBI qui se réveille à l’hôpital dans une ville qu’il ne connait pas, suite à un accident de voiture. Il remarque très rapidement qu’on semble vouloir le retenir de force à l’hôpital, que malgré ses tentatives, il lui est impossible de sortir de la ville ou même de communiquer avec une personne extérieure. Il va très vite réaliser que la petite ville de Wayward Pines renferme bien des secrets et qu’il se retrouve pris au piège en plein cœur d’une conspiration.

En plus d’un Matt Dillon toujours aussi génial, d’un casting plutôt prestigieux (Terrence Howard, Juliette Lewis, Carla Gugino, Melissa Leo…), Wayward Pines propose une intrigue simplement fascinante, aux allures de The Truman Show. Des premiers épisodes fantastiques, rendant le mystère encore plus épais, pour finalement se tourner vers une intrigue de science-fiction complètement tirée par les cheveux. Malgré une unique saison (la série ne devrait pas avoir de suite) plus qu’inégale, Wayward Pines propose un bon final, et reste une série à voir.

SHARE